La santé publique, enjeu majeur d’égalité républicaine

Alors que la menace de la grippe A fit la une des médias pendant des mois, dévorant l’espace consacré à la santé dans l’actualité, d’autres problématiques se font entendre en ce début d’année 2010. Ainsi, les suppressions de postes dans les hôpitaux, l’influence de l’industrie pharmaceutique en matière d’expertise épidémiologique et l’absence de moyens alloués au plan cancer 2 ressortent sur le devant de la scène. Tous ces sujets sont liés parce qu’ils mettent en évidence une stratégie du gouvernement actuel visant à privilégier la communication au service des intérêts de quelques uns au détriment de la santé du plus grand nombre.

Il s’agit d’une politique nationale et, partout en France, on détruit des hôpitaux de proximité tout en se débarrassant au passage d’une partie des personnels travaillant dans ce secteur. Cette politique se fait au détriment de la qualité des soins, contre la volonté du personnel hospitalier et contre l’avis des élus locaux. Les rythmes de travail sont d’ors et déjà à la limite de l’insoutenable dans certains services hospitaliers en sous-effectif : nous devons donc, avec les élus socialistes, exiger un moratoire sur les suppressions de poste à l’hôpital.

Néanmoins, nous ne pouvons pas nous exonérer d’une réflexion sur la répartition des moyens alloués à la santé en France. En parallèle à ces suppressions de poste, 869 millions d’€ ont été dépensés en vaccin contre la grippe A, sans compter les masques et le Tamiflu (acheté en quantité extravagante). Dans un autre registre, 732 millions d’€ sont prévus pour le plan cancer 2 : passons sur les tours de passe-passe budgétaire qui ne laisseront qu’une minorité de cette somme en investissement réel. Inspiré de la guerre contre le cancer (war on cancer) de Nixon, qui dure depuis 40 ans, a absorbé des milliards et est généralement considéré comme un échec, le premier plan cancer de Jacques Chirac a été rudement critiqué par la Cour des comptes et le Haut conseil de la santé publique. Cela n’empêche pas son successeur de recommencer la même chose dans l’espoir de réaliser un coup de communication sur un sujet sanitaire, tout comme il l’a fait avec le plan Alzheimer.

En conséquence, nous prônons de revenir aux fondamentaux en délaissant cette volonté compulsive d’instrumentalisation de la santé et cette logique purement comptable (avec la hausse du forfais hospitalier par exemple): tâchons de financer des hôpitaux proposant une meilleure qualité des soins (notamment en supprimant la T2A qui asphyxie les établissements publics de santé et empêche l’accomplissement de certaines missions de service public : lutte contre le VIH, pédiatrie, longs séjours, etc), de privilégier la médecine de proximité (par exemple en soutenant les régions socialistes qui proposent des aides à l’installation des jeunes médecins dans les zones en manque) et de développer la prévention. Mais pour cela, il faudra résister aux sirènes de l’industrie pharmaceutique et des agences de communication politique qui nous emmènent droit dans le mur.

Les jeunes socialistes défendent un véritable service public de la santé accessible à tous, partout sur le territoire de la république. Nous nous opposons par conséquent à toutes les tentatives du gouvernement visant à mettre en concurrence et à affaiblir les services publics face aux systèmes privés. Nous choisissons résolument l’intérêt général et l’égalité républicaine contre la logique du profit sur le dos des malades.

Préparez le changement: restez informés!

1 commentaire

  1. Mutuelles

    12 juillet 2010 à 13:01

    Merci pour ce partage

Réagissez !

Vous devez être connecté(e) pour rédiger un commentaire.