L’orientation

L’orientation est le fruit d’un processus complexe résultant d’une réflexion personnelle concernant la construction d’un projet personnel et professionnel. Actuellement, l’orientation est vue comme une branche annexe du service public d’éducation, mal coordonnée, sous-dôtée et utilisant des techniques de communication vieillissantes. Ce qui devrait être un choix personnel et éclairé selon les capacités de chacun se transforme en un processus subi. Non content de briser des individus, cette mauvaise orientation qui touche un nombre non négligeable et mal connu de personnes est largement préjudiciable à l’ensemble de la société en ne permettant pas à chacun de développer son plein potentiel.

Il convient donc dès le collège et le lycée non pas de forcer à un choix précoce que les élèves ne peuvent assumer si jeunes mais d’ouvrir des possibilités pour une future orientation. Ainsi, il est aberrant que l’on n’incite pas davantage les filles à choisir les filières d’ingénieur (10% seulement dans celles-ci) et que l’on laisse se répandre le préjugé selon lequel les métiers techniques sont des métiers d’homme. En tant que socialistes, nous devons également lutter contre la reproduction sociale à travers un service public de l’orientation réorganisé. Des moyens et des ressources statistiques doivent donc être mis à disposition de cette institution.
À l’autre extrémité du système, la formation continue ainsi que la validation des acquis de l’expérience doivent être une opportunité réelle de réorientation aussi bien pour la personne concernée que pour la société. Pour un meilleur encadrement, les universités et autres organismes de formation publiques établiront des règles : jours libres de formation pour les salariés, critères de validité des formations permettant une évolution professionnelle et/ou un épanouissement personnel, notamment en vue d’une cessation ou d’un changement d’activité.

Dans le monde étudiant, il est malheureux que l’orientation soit trop souvent un couperet définitif. Il faut donc développer au maximum les passerelles et les possibilités de réorientation. Il est anormal de devoir reprendre des cycles inférieurs à celui que l’on a atteint lors d’un changement de filière. Il fau mettre en place un véritable cadrage des diplômes tout en renforçant la transdisciplinarité, en particulier en développant des modules au choix des étudiants dans toutes les filières (en plus des UE complémentaires déjà existantes dans certaines).
Les stages devront être mieux encadrés et en rapport avec la formation entamée. Ils doivent également être tous rémunérés, mieux rémunérés et mieux encadrés conformément aux revendications des nombreux stagiaires qui se battent depuis des années pour faire valoir leurs droits.
Nous proposons d’instaurer un droit à une année de césure tout au long des études pendant laquelle les aides ainsi que les droits liés aux examens et aux concours passés seraient conservés. Cette année (éventuellement divisible en deux semestres pris séparément) doit permettre d’affermir ses goûts, de s’ouvrir sur le monde et/ou d’approfondir un projet personnel ou professionnel.

Les problèmes d’orientation ne sont pas une fatalité : des propositions concrètes peuvent améliorer la situation actuelle dans l’optique de briser les chaînes de la reproduction sociale.

Préparez le changement: restez informés!

1 commentaire

  1. Bernard Desclaux

    22 février 2010 à 10:25

    Bonjour,
    Dans votre premier paragraphe, vous mélangez trois problèmes :
    – le processus personnel de la formation de sa motivation, de ses choix…;
    – ce que l’organisation du système scolaire permet, selon les chemins prévus, et … le système de circulation. En France ce système repose essentiellement sur les procédures d’orientation qui dépendent essentiellement du jugement des professeurs ;
    – enfin l’organisation de l’aide aux personnes (conseil et information), composé en France des professeurs principaux, du service d’orientation (CIO, ONISEP), et des organisations privées de conseil, d’information, et des éditeurs (ce qui représente un gros marché).
    Donc s’il vous plaît pour une analyse juste et l’élaboration de propositions pertinentes, faut-il encore partir d’une bonne idée de la réalité !

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