L’état de droit et la démocratie doivent être rétablis au Niger

Le pays le plus pauvre du monde vient de connaître un quatrième coup d’état depuis son indépendance en 1960. Jeudi 18 février, des militaires ont en effet fait irruption dans la présidence alors qu’un conseil des ministres s’y tenait. Le Président Mamadou Tandja a été mis aux arrêts par les putschistes et conduit dans une caserne à l’extérieur de Niamey, la capitale. Un « Conseil suprême pour la restauration de la démocratie » a été établi par les militaires, présidé par le chef d’escadron Salou Djibo. La Constitution de la VIème République a été suspendue et toutes les institutions en découlant dissoutes.

Or, c’est l’instauration de cette VIème République qui est à l’origine des troubles qui agitaient le pays depuis son instauration en 2009. Alors qu’il était venu au pouvoir lors d’élections libres en 1999, où il était le candidat de l’ancien parti unique, et réélu démocratiquement en 2004, le Président déchu Tandja décida par appétit du pouvoir d’abroger l’article de la Constitution limitant le nombre de mandats présidentiels à 2, en convoquant un référendum constitutionnel. L’abrogation de cet article étant interdite par la Constitution elle-même, la Cour Constitutionnelle le déclara anticonstitutionnel, ce qui lui valu d’être dissoute par le Président, ainsi que le Parlement. Le référendum octroie également à Tandja une prolongation de 3 ans de son mandat en cours, afin « d’achever les chantiers entrepris ».

Devant cette rupture démocratique, les principales forces d’opposition, dont le PNDS membre de l’Internationale socialiste, manifestent depuis près d’un an leur mécontentement et leur préoccupation. D’importantes manifestations ont animé le pays en décembre 2009, à l’occasion de la fin théorique du mandat présidentiel. Une médiation avait été entreprise sous l’égide de la Cedeao, dont l’échec a sans doute précipité l’intervention de l’armée.

Ce durcissement du régime s’est également fait sentir dans le conflit qui oppose les forces armées nigériennes au Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), les rebelles touaregs du nord du pays. Le MNJ mène depuis 2007 des actions militaires contre les symboles de l’Etat, revendiquant une plus grande autonomie pour les zones habitées par les Touaregs et une exploitation plus juste des ressources naturelles présentes dans leur territoire.
En effet, le Niger est extrêmement doté en ressources naturelles. Le pays possède notamment d’importants gisements d’uranium (3ème exportateur mondial, 48% des revenus d’exportation), majoritairement exploités par le groupe français Areva. La présence de la Chine est également de plus en plus importante au Niger.

Le Niger tombe de Charybde en Scylla, passant d’une régime civil totalitaire à un régime militaire putschiste. Le Mouvement des Jeunes Socialistes français appelle à un rapide retour à l’état de droit et à la convocation d’élections libres dans les meilleurs délais, conformément aux aspirations de la population nigérienne.

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