Salle de consommation de drogues à moindre risques : une exigence de santé publique

La ville de Paris, sous l’impulsion du conseiller de Paris et député Jean-Marie Le Guen, a voté, le 14 décembre 2009, une subvention à une association chargée de réaliser une expertise sur les salles de consommation des drogues pour toxicomanes, dites « Salles de consommation à moindre risque » (SCMR).

Ces salles permettent aux usagers de réaliser leur consommation dans de meilleures conditions d’hygiène, à savoir l’accès à un espace calme, propre, encadré par une équipe de professionnels (travailleurs sociaux, médecins, infirmiers, etc.), afin de limiter les risques sanitaires liés à l’injection (VIH, hépatites, septicémies, surdoses, infections…).

Il existe aujourd’hui près de 80 structures de ce type dans le monde. En Europe, l’Espagne, les Pays-Bas, l’Allemagne le Luxembourg, ou encore la Suisse ont franchi le pas depuis des années. Pourtant, aucune salle de ce type n’existe en France, et pour cause : elles sont interdites par la loi.

Les résultats d’une « réduction des risques » liés à l’usage de drogues sont pourtant communément admis. Dans les pays où celles-ci ont été autorisées, elles ont permis de faire baisser de manière significative le nombre d’overdoses et le taux de prévalence du VIH chez les usagers de drogues. L’explosion des contaminations par l’hépatite C , avec des taux allant de 70% à 90% chez les injecteurs qui fréquentent les structures de soins, montrent l’utilité de ces SCMR. Rappelons qu’à elles seules, les hépatites B et C sont responsables de 8000 contaminations et 4000 morts par an, dont une majorité usagers de drogues.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes a toujours été au côté des associations qui luttent pour une politique de réduction des risques, et tient à affirmer son soutien à cette initiative. Le jeunes socialistes appellent les pouvoirs publics à sortir de ses préjugés et faire preuve de courage. Afin de lutter efficacement contre les multiples risques de contaminations mortelles, contre les ravages de la drogue, et mettre un frein au cercle vicieux de marginalisation des toxicomanes, il devient plus qu’urgent d’autoriser, et même encourager l’implantation de ce type de d’espace à travers toute la France.

Préparez le changement: restez informés!

7 commentaires

  1. DDA

    7 février 2010 à 13:14

    plus que d’accord! bien parlé mais pas assez pour mettre le mouvement en valeur… insistez sur vos intentions, n’ayez pas peur de développer avec des adjectifs qui vous semblent dispensables, étoffez votre discours, mettez-y l’intonation, vainquez la neutralité dans vos propos! Il faut donner envie, il faut inciter les gens à vous soutenir, voire vous rejoindre!

  2. Defiplanète

    6 mars 2010 à 22:15

    La sécurité routiére vas aller de mieu en mieu.
    4000 morts morts chaque année sur les routes ce n’est pas assez.
    Exellente idée , incitons les gens à se droguer dans la légalité je suis perssouadé que ça va améliorer le chiffres de la mortalité sur les routes !!!
    On se préocupent plus de la santé des toxicos que de la sécurité des gens , ou va le monde ?

  3. Julien.T

    10 mai 2010 à 23:34

    Pour rendre le discours facile d’accès aux électeurs, il faut les atteindre de manière personnelle, du genre « Si votre enfant était un consommateur de drogues, seriez-vous plus à l’aise de savoir qu’il peut le faire avec des méthodes lui permettant de ne pas mettre sa vie en danger plus rapidement?Sans cette salle, il sera alors contraint de le faire dans des endroits favorisant une infection grave et sans pouvoir parler de sa consommation.Voulez-vous cela? »

    La politique réactionnaire de la droite a favorisé une désinformation sur les drogues et laisse sur le carreau un nombre considérable de personnes considérées par la loi du 31 Décembre 1970 comme des criminels.Arrêtons l’hémorragie en dépénalisant l’usage de drogues et en légalisant la vente de cannabis, on sera enfin sur la bonne voie (à noter que la consommation de cannabis est plus faible chez les jeunes aux Pays-Bas qu’en France, personne n’osera dire le contraire.), en distribuant une héroïne aux héroïnomanes dans ce genre de lieux (Ce qui est le cas en Suisse, ils en sont content.Car il faut pas se voiler la face, les toxicomanes ayant accès à des traitements de substitution à la buprénorphine et au chlorate de méthadone consomment toujours de l’héroïne en même temps!).

  4. Défiplanéte

    14 mai 2010 à 03:16

    La politique reactionnaire de la droite à entrainé la desinformation sur les drogues ???
    Ah alors quand le gouvernement a fait une campagne en 2009 , sur les dangers de la drogue , c’etait de la desinformation en faite.
    En revanche quand on entend des parlementaire socialistes parler de dépenalisation des drogues douces , la ce n’est pas de la desinformation:
    faire croire que certaines drogues seraient moins nocifs pour la santé , c’est aberrant d’entendre ça , alors que tout les medecins denoncent ces thermes (drogues durs et drogus douces) , qu’ils considerent toutes comme drogus durs.
    Avant de vouloir denoncer la droite à tord et à travers reflechie au moins à tes propos.
    Quand à savoir si je serais à l’aise , que mes enfants soient pris en charge pour fumer des sustances nocifs , le fait même qu’il puissent s’en procurrer dans un commerce n’importe ou , me rendrais plutot inquiet.

    Ces salles de consomation auquels tu fait reference par ailleurs sont sujets à de nombreuses pleintes de la part des riverains qui se plaignent des problemes que cela a expoté , la violence , le bruit et de toutes les saletés occasionnés par le rassemblement des consommateurs.
    Suite à ça autorités suisses ont commencé à reflechir à leurs fermeture.

  5. C

    10 août 2010 à 23:14

    J’ignorais qu’il n’y avait plus de salles de consommation en suisse, c’est une grande nouvelle que vous nous apprenez là!
    Bon trêve de plaisanteries basons nous sur les faits et non des supputations, les salles de consommations existent toujours en Suisse, il y a même des annuaires..
    http://www.salledeconsommation.fr/annuairesuisse/index.html
    La distribution de seringues a quasiment enrayé la propagation du virus du sida, et outre les considérations humanistes et altruistes, c’est bon pour la sécu aussi.
    Alors on ne parle pas de conduire sous l’effet de substance mais d’une politique de soins, certains professionnels en parlent d’ailleurs très bien:
    http://www.combatenligne.fr/article/?id=154
    Et puis il y a bien une différence entre le vin rouge et le tord boyau, c’est idem pour les drogues.
    En tout cas merci pour cet excellent article.

  6. Défiplanéte

    17 août 2010 à 17:32

    Je proposes en revanche l’ouverture de plus de bibliothéques , vue la difficulté que certains ont pour lire , explique moi ou j’ai mentionné une seule fois que les salles de consommations avaient été fermée en Suisse.
    C’est drôle en ce moment je passes mon code de la route et il précise bien que conduire sous l’effet de substances narcotiques entraine un comportement dangereux pour la conduite , donc en effet inutile de mentionner le danger pour la securité routiére que cela représente.
    Quand à la plaisanterie que tu mentionne dans l’histoire c’est le coût exorbitant que le contribuable va payé pour ces structures sans parler du personnel qui va avec: medecins , infirmiers , aides soignants…etc…
    Et oui quand les gens dans ce pays on aurons marre d’être pris pour des vaches à lait , on pouras alors goûter à la vindicte populaire.

  7. odelia

    12 janvier 2011 à 20:42

    Bonjour,

    J’aimerais répondre à Défiplanéte.
    Il me semble que vous ne connaissez pas très bien la réalité de la toxicomanie. Avez-vosu déjà visité de tels lieux (salles de consommation), parler avec eux, les écouter, échanger avec les soignants. Si vous êtes interessé, les livres de Alain Morel sont une très bonne entrée en la matière. Il ne suffit pas de reprendre des discours déconnectés de la réalité du terrain. Lorsque vous parlez de sécurité routière, connaissez-vous le taux des personnes sous effets des drogues illicites? La plus grande partie des accidents sont dûs à l’alcool et aux comportements délictueux autoroutiers.
    J’ai effectué dans le cadre de mes études en psychologie, un stage dans une telle structure, et je peux vous dire que les politiques sont à milles lieux des vrais problèmes de la toxicomanie, du comment, du pourquoi, l’illusion d’une société sans « drogues », les discours déconnectés de la réalité. Pensez-vous vraiment que les politiques qui occupent le devant de la scène depuis 40/50 ans pour beaucoup, peuvent avoir une vision novatrice, ouverte, transversales des enjeux actuels de nos sociétés?
    Cordialement.

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