Identité nationale : des actes qui contredisent les envolées lyriques

Le débat sur l’identité nationale lancé par le président de la République ne serait-il pas un moyen de détourner l’attention ? Quand les victimes de la crise dénoncent la précarité d’une société où la droite met en concurrence les uns contre les autres, le président voudrait faire croire que c’est l’identité nationale qui est attaquée. Le discours prononcé par Nicolas Sarkozy dans la Drôme, au delà de grandes envolées lyriques, ne contient aucune proposition pour favoriser le vivre-ensemble dans la République française.

Le MJS dénonce l’organisation d’un débat qui cristallise le repli identitaire, et l’utilisation récurrente par la droite du sentiment nationaliste pour faire oublier l’échec et l’injustice de sa politique économique et sociale. Les jeunes socialistes dénoncent l’expulsion de réfugiés dans des pays en guerre, la création de fichiers discriminatoires et la remise en cause des libertés individuelles par un couvre-feu, organisés par un président qui ose dire que la France « doit signifier quelque chose à nos enfants ». Encore faudrait-il ne pas remettre en cause au quotidien les valeurs de tolérance et de fraternité défendues depuis la révolution française.

Les jeunes socialistes s’inquiètent de la volonté invoquée de défendre la civilisation. Contre qui? Contre quoi? Le projet de société que défend le MJS ne passe pas par l’exaltation des terroirs et l’apologie des martyrs, il se construit à travers la réduction des inégalités territoriales et sociales qui explosent aujourd’hui en France.

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1 commentaire

  1. Matthieu

    22 novembre 2009 à 18:15

    Au delà de l’évident opportunisme électoral, le débat sur une identité collective n’est pas un débat stupide comme peuvent le montrer les contributions de Laurent Joffrin de Libération ou de Michel Rocard dans l’Express. Joffrin montre la nécessité de s’approprier le débat; Rocard rappelle bien le fonctionnement de la machine à intégrer française où la contrainte a joué son rôle.

    Pour le socialiste que je suis l’identité collective française repose bien sûr sur la langue française, une histoire partagée, mais surtout un projet politique commun que permet la laïcité et les valeurs de la République.

    Les drapeaux bretons, corses, occitans qui se développent sur le fronton des mairies tout comme le voile ou la burqa sur le visage ou la silhouette de jeunes femmes nées françaises et en partie instrumentalisées par la face politique de l’islam sont des aspects différents d’un même mouvement: la division à terme de la République et de ses valeurs d’égalités des droits, du respect de la personne humaine etc.

    Je suis inquiet. Parce que si dans le passé la laïcité a pu s’imposer, elle a du mal dans un monde globalisé ou les droits individuels prennent le pas sur le collectif et où le modèle libéral communautariste est dominant.

    Si la loi sur l’interdiction du port de signes religieux au sein des écoles a pu être adopée en 2006, quelle chance a d’être votée une loi interdisant le port de la burqa dans les lieux publiques cette fois ci au nom de la dignité des femmes et des valeurs républicaines?

    Le débat sur l’identité française c est avant tout ca, s’interroger sur nos valeurs.

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