Discours d’investiture de Laurianne Deniaud

Mes chers amis, mes chers camarades

Mes premiers mots sont pour vous, vous, adhérents et militants du mouvement des jeunes socialistes. Je veux vous remercier de votre confiance, mais aussi et surtout de l’engagement, de l’action, de l’énergie que vous portez chaque jour dans notre pays et dans notre famille.

Vous êtes venus de partout, souvent de loin. Vous êtes les jeunes qui font vivre la famille socialiste, à Rennes, à Lille, à Strasbourg, à Poitiers, à Bordeaux, à Marseille, à Lyon, à Paris, à Toulouse et partout ailleurs mais bien sûr à Grenoble, avec les camarades qui se sont mobilisés pour faire de notre congrès un succès. Encore un grand merci aux camarades de l’Isère.

C’est assez habituel me direz-vous en guise d’introduction de remercier les militants, mais je veux dire pourquoi je considère que c’est important. Notre société véhicule une image de l’engagement politique souvent désastreuse. La politique à droite ou à gauche, serait seulement le moyen d’assouvir l’appétit insatiable d’individus ambitieux mus par leur seul intérêt individuel. Et bien moi je veux juste rappeler que ce type d’évènement, un congrès ou la dizaine de fête de la rose qui sont organisées partout en France aujourd’hui n’existent que parce que des militants politiques y consacrent du temps, de l’énergie et de la volonté sans attendre de quelconque récompense personnelle. Militer sans contrepartie, c’est l’attitude naturelle de milliers de jeunes engagés à gauche et notamment au MJS. A une époque où tout se dénigre et tout se caricature, je suis fière de présider une organisation qui regroupe des militants politiques.

Donc merci à vous. pour chaque journée, chaque soirée, où vous auriez pu faire autre chose de votre temps, et où vous avez choisi l’engagement, le progrès, la solidarité. Vous êtes notre force, portez ce message à tous les amis qui n’ont pu être avec nous ce week-end : dites leur que nous avons besoin du talent et de la mobilisation de chacun au mouvement des jeunes socialistes.

Je tiens à remercier particulièrement les camarades du Service d’ordre qui ont encore une fois été présents à nos côtés pour faire de ce moment une réussite. Vous êtes toujours là avec nous dans les moments difficiles mais aussi dans les moments plus joyeux, comme hier soir, encore un grand merci à vous.

Je veux saluer les Animateurs fédéraux de notre mouvement, qui ont animé les fédérations durant ce mandat, et dire à ceux qui seront candidats demain à quel point leur responsabilité et leur dévouement est important pour nous tous.

Je veux saluer l’équipe nationale et Antoine qui a conduit notre mouvement durant ces deux dernières années. Merci Antoine de tout ce que tu as fait pour nous, merci à vous tous d’avoir fait vivre notre force collective.

Je veux remercier toutes celles et tous ceux qui ont construit patiemment cette force, années après années. Merci à Benoît. Merci à Régis. Merci à Hughes, à Gwénégan, à Charlotte. Merci à David et à Razzy. Merci encore à toi Antoine. Chacun a apporté, avec les militants de ces époques, sa brique à notre construction collective.

Je veux enfin remercier toutes celles et tous ceux des socialistes qui ont participé à notre congrès et qui, à travers leur présence, leurs messages et leurs interventions, ont montré la maturité et l’importance qu’a aujourd’hui notre mouvement dans la famille socialiste : une force militante et une force de proposition. Une ouverture sur le monde et un ancrage militant. Les débats de fond et la présence sur le terrain. Alors, merci à Michel Destot, sans qui nous n’aurions pas pu organiser ce congrès, et merci à la première des socialistes, notre première secrétaire, Martine Aubry, qui nous fait l’honneur d’être présente à nos côtés, je tiens à la remercier particulièrement pour la confiance et le soutien qu’elle nous a toujours accordé, je tiens à souligner le climat de confiance réciproque qui existe entre nous depuis plusieurs années, un grand merci Martine.

Oui, avec vous tous, ici à Grenoble, nous sommes fiers d’être socialistes !

Chers camarades,
Nous sommes jeunes. Nous sommes socialistes.

Nous vivons dans un monde qui change qui change plus vite qu’il n’a jamais changé. Le progrès des techniques est fulgurant, il semble parfois réservé aux profits, à la guerre, à la dévoration de nos ressources naturelles, à l’exploitation, et à l’uniformisation culturelle.

Ces changements donnent l’impression de laisser la gauche dépassée parce qui se déroule sous ses yeux. Dépassée et incapable de construire une perspective positive, sociale, altruiste, généreuse, démocratique.

C’est de cela qu’il faut parler et débattre.

L’Histoire, ce n’est pas la fable pour enfants que Sarkozy, Guaino et Besson.Un ordre inégalitaire immuable, où la nature des choses justifie la domination de quelques-uns sur le plus grand nombre.

L’histoire c‘est autre chose. On pourrait traduire ça par deux questions en politique: Qu’est ce qui fait avancer l’histoire et dans quel sens voulons nous aller ?

Alors qu’est ce qui fait avancer l’histoire ? Jusqu’à la révolution industrielle, la croissance de la richesse était toujours dépassée par celle de la population et maintenait l’essentiel de l’humanité dans la pauvreté.

Nous savons aujourd’hui avec précision que le niveau de vie d’un habitant de Babylone, d’un esclave romain, d’un paysan languedocien au 17ème et d’un ouvrier britannique au début du 19ème est le même que celui d’un milliard d’être humains pauvres qui vivent avec moins d’un dollar par jour, sur la planète.

Et soudain en Europe, la révolution industrielle fait naître un modèle de développement fondé sur la croissance perpétuelle. Le niveau de vie moyen des habitants fait immédiatement des bonds mais au prix de nouvelles servitudes, celles notamment du travailleur vis-à-vis du capital.

Pourquoi l’Europe est-elle le berceau de la révolution industrielle ?

Alors que la Chine un siècle avant Christophe Colomb découvrait les côtes de l’Amérique.
Qu’ils sont à l’origine de la boussole, de l’imprimerie (avant guttenberg) et de la poudre.

Parce qu’au moment où l’Europe s’est lancé dans la course effrénée au progrès technique, la Chine préférait de se replier sur elle-même pour préserver sa stabilité intérieure.

Ces bouleversements économiques et sociaux sont contemporains d’immenses ruptures dans le mouvement des idées politiques.

L’émancipation, l’épanouissement individuel, le progrès social ont été pensés à l’aune des bouleversements qui envoyaient des centaines de milliers de paysans quitter leurs terres pour remplir villes et usines.

Des antagonismes créés par cette nouvelle donne sociale et économique naîtra le socialisme.

Le socialisme ce n’est pas que le changement de rapport de force entre le capital et travail même si c’est essentiel. Les batailles sur le temps de travail, le salaire, les congés payés, l’égalité homme-femme, ont permis de donner un contenu et un sens au progrès social.

Ainsi le progrès technique, la croissance des richesses pouvaient créer l’amélioration des conditions d’existence et une émancipation individuelle et collective.

Aujourd’hui, ces problèmes demeurent mais le monde se transforme et nos solutions doivent évoluer.

Tout bouge, avec ou sans nous. Si c’est sans nous, ce sera contre nous et contre les intérêts de ceux que depuis plusieurs siècles, les républicains et les socialistes veulent représenter et défendre.

Tous les modèles, tous les empires, tous les systèmes économiques, les systèmes de pensée qui n’ont pas affronté en face les grands changements structurels et qui ont préféré se recroqueviller face à ce qui passait et qui naissait en leurs seins, tous ces modèles ont toujours fini par s’effondrer.

Nous sommes dans un de ces grands moments. Mise en réseau du monde. Mondialisation. Mobilité. Numérique. Démographie et pyramide des âges. Enjeux environnementaux. Bioéthique. Tous ces changements remettent en jeu les repères, les identités, car tous les concepts se trouvent bouleversés.

L’enjeu finalement c’est de savoir si au XXIème siècle, les socialistes ont une démarche à proposer pour ce monde qui naît, et dont nous devons être acteurs.

Nous voulons donner un sens à ce monde.

Pendant ce temps, les conservateurs ne sont pas endormis. Ils ont même consacré toute leur énergie à restaurer un système économique et financier qui a pourtant explosé au prix de la ruine, de la pauvreté et du chômage de dizaines de millions d’être humains.

Et ils essayent de nous caricaturer, de nous décrire comme archaïques, ce sont les faits qui montrent qu’ils ne comprennent pas, ou pire, qu’ils ne veulent pas comprendre le monde dans lequel ils vivent.

Nicolas Sarkozy est la figure de proue de cette nouvelle restauration.

Chaque jour la France s’éloigne et se perd, loin des valeurs qui lui ont donné cette place à part dans le monde.

Chaque jour, pour les jeunes de France, ces jeunes qui se battent, qui font, qui créent, ces mots de notre devise nationale – « Liberté , égalité, fraternité » – , ces mots qui ont fait rêver des millions d’hommes, ces mots ne sont plus une réalité.

Dans la France de 2009, ce sont d’autres lois que celles imaginées par les révolutionnaires. Ce sont d’autres lois que celles qui ont fait vibrer les ouvriers sous le front populaire. Ce ne sont plus ces lois nées de la Résistance, celles qui ont ressoudé la nation en 1945, des gaullistes aux communistes. Ce ne sont plus les lois inspirées par ces valeurs républicaines qui sont notre socle commun, notre patrimoine républicain.

Dans la France de 2009, c’est liberté pour les riches, inégalités pour tous , chacun pour soi. Et chaque jour, c’est la loi du plus riche, la loi du piston, la loi du mensonge.

Aujourd’hui, aveuglé par les intérêts des amis du pouvoir, l’Etat sarkozyste choisit de saborder notre avenir parce qu’il sacrifie tout au court terme.

Rappelez vous de ce qu’ils ont fait sur Hadopi. Si c’était eux qui dirigeaient la France au XIXème siècle, on serait aujourd’hui en diligence parce qu’ils auraient interdit les chemins de fer. Et c’est là que le masque tombe: ce sont eux les archaïques !

Cette droite qui se dit moderne à chaque instant, qui utilise toutes les ficelles de la com’, cette droite c’est en fait la droite la plus ringarde du monde. Sarkozy, aujourd’hui, c’est comme Louis XVI avec un ipod. C ‘est l’alliance du marketing et de la gabelle. La Pravda sur la TNT.

Ils préfèrent assurer les rentes de leurs amis que de préparer le monde qui vient. Ils sont, selon les jours, colbertistes ou libéraux, et à tous moments conservateurs.

Ils sont tellement coupés du monde, qu’ils veulent nommer les enfants du prince-président aux responsabilités. Qu’ils réécrivent l’histoire sur Facebook. Qu’ils demandent aux artistes de se taire. Quand l’Amérique élit Obama, la France revient au moyen âge.

Le monde change, le monde change vite. Et certains de ces changements menacent l’ordre établi. Alors, le pouvoir verrouille, le pouvoir cadenasse, le pouvoir ment. Ce pouvoir que nous affrontons est tellement peu à la hauteur de l’histoire qui s’écrit, qu’il ne lui reste que la mise en scène et le storytelling.

Quand nous voulons donner du sens à ce monde, les conservateurs utliseront toutes leurs armes pour maintenir les rapports de force et les intérêts de l’ancien monde.

Alors que font-ils ? Ils construisent des murs. Et que font ces murs ? Ils les isolent de la réalité. Ils enferment plus ceux qui croient se protéger en les construisant que ceux qui sont de l’autre côté.

Dans l’histoire, du mur d’Hadrien, à la muraille de Chine, en passant par le mur de Berlin, les murs sont toujours les aveux de faiblesse et d’enfermement de sociétés sur elles-mêmes.

Et bien nous les socialistes, nous nous battons pour faire tomber ces murs inutiles, ces murs si vains et si profondément inhumains.

Nous nous sommes battus contre le mur de Berlin. Nous nous battons aujourd’hui contre tous les murs. Contre les murs et les barbelés de l’Europe Forteresse et ses explusions. Contre le Mur entre Israël et la Palestine qui devront faire demain ce qu’on fait la France et l’Allemagne hier, et préparer un grand projet politique et démocratique pour le moyen orient.

Contre les murs autour des favelas et contre les murs autour des ghettos pour riches où vivent Sarko et ses amis, à l’abri de la misère et du murmure du monde.

Contre ces murs de bretelles d’autoroutes qui séparent des centre villes privilégiés des banlieues et leurs habitants, mis à l’écart et stigmatisés.

Il y a ces murs visibles. Et il y a les murs invisibles. Le mur de l’argent, le mur des médias, le mur du mensonge. Les murs qui séparent les jeunes des ainés, les femmes des hommes, et les humains selon leur couleur de peau.

Nos adversaires, camarades, sont ceux qui dressent ces murs. Nous devrons les battre si nous voulons construire notre nouveau monde.

Nous, les socialistes, sommes du côté du progrès dans l’Histoire. Nous sommes des passeurs de modernité. Pas que d’une modernité technique désincarnée, sans âme . Mais celle qui considère que la vraie modernité, c’est le choix de la liberté, de la solidarité, de l’émancipation.

Cela suppose de prendre du recul. Cela suppose de construire un modèle qui, à partir de nos valeurs, permette à ce monde de ne pas écraser l’homme. Socialisme ou barbarie demandait Rosa Luxembourg. C’est un peu ça aujourd’hui.

Le monde, les nations, les états, les entreprises ne peuvent plus s’organiser en blocs aveugles, verticaux, hiérarchisés et méprisant l’individu. C’est la leçon du XXème siècle, de ses guerres, de ses famines, et des atrocités de la guerre économique.

Ce modèle est épuisé. Ce modèle est à bout de souffle. Il détruit notre planète et il détruit les hommes.

Nous devons construire des systèmes à la fois plus économes en ressource et plus protecteurs. Plus émancipateurs et plus écolos. Plus humains et plus intelligents.

C’est un autre modèle de développement dont nous avons commencé à esquisser les lignes et que nous devrons définir précisément pendant les deux années qui viennent. Autre modèle, dont l’objectif est simple, renouer avec vigueur avec l’idéal socialiste , libérer les hommes des contingences matérielles, de la fatalité de la naissance, et de toutes les formes de domination.

En tant que socialiste, nous le disons posément mais fermement, nous ne comprenons pas ceux qui tentent inexorablement d’opposer Liberté et égalité. Ce sont deux termes qui n’ont des sens que l’un par rapport à l’autre, dont l’existence de l’un est conditionné par l’existence de l’autre.

Il n’y a pas de liberté sans égalité et pas d’égalité sans une nouvelle répartition des richesses.

Un autre modèle de développement c’est un monde où chaque salarié, en France, en Europe et à l’échelle mondiale vit dignement de son travail.
C’est un monde ou le travail ce n’est pas le stress, la souffrance ou le suicide, mais un monde où le travail permet à l’homme de se réaliser et de profiter de sa vie .

C’est un monde où l’on rapproche les producteurs et les consommateurs, pour économiser nos ressources et éviter les aberrations énergétiques comme le pot de yaourt, ce simple pot de yaourt, qu’on achète dans nos magasins en France, qui a été rempli en Turquie avec du lait qui vient d’Europe et un emballage produit en asie avec du pétrole du moyen orient.

C’est un modèle de développement qui redéfinit notre rapport à la consommation. Où on cesse de défigurer les abords de nos ville avec des supermarchés et des parkings qui s’étendent à l’infini. Où il y ait d’autres loisirs que le centre commercial. Où on puisse davantage louer et partager plutôt que d’acheter, réparer plutôt que remplacer, réutiliser plutôt que jeter et bien entendu recycler. C’est ça aussi un monde durable !

C’est un modèle economique sans monopole privé ou le service public de l’eau remplace Veolia, où Firefox bat Microsoft, ou Léo Lagrange concurrence le club Med..

C’est un modèle de société où l’on se forme beaucoup mieux et beaucoup plus, de façon permanente et plus souple. Un monde où l’imagination, la mutualisation des connaissances, la culture et les loisirs prennent toute leur place.

C’est une république qui place sur un pied d’égalité tous ses enfants. Où le métissage va prendre une place de plus en plus forte.

C’est un monde où la communauté internationale garantit à chacun l’accès aux soins:

La mobilisation en quelques mois de milliards d’euros dépensés par les pays les plus riche contre la grippe H1N1 montre que les moyens financiers existent et que le sacrifice de milliers de vies dans les pays pauvres, emportées par le SIDA, le paludisme, par l’absence d’accès à l’eau ou par la famine, que ce sacrifice n’est que le résultat du choix cynique et inacceptable des puissants de ce monde.

Je le dit avec force : cette non assistance répétée à population en danger, ce cynisme absolu, c’est un crime permanent contre l’humanité.

Notre autre modèle de développement, c’est faire que la loi de la démocratie prévale toujours sur la loi du plus fort.

C’est un monde,où, la démocratie s’impose partout, dans les entreprises, les conseils d’usagers, les conseils de quartier…

C’est une 6e République, une Europe fédérale démocratique et sociale, et c’est l’avènement d’une démocratie mondiale .

Notre nouveau monde, c’est un monde ou l’écologie s’impose sur l’économie. Le défi environnemental touche aux racines de ce qui fait notre engagement de socialistes. Ce sont bien les questions de répartition des richesses, de modes de production, de démocratie qui sont en jeu à Copenhague.

Nous irons donc à Copenhague en résistance. Nous irons à Copenhague convaincus que l’écologie n’est pas une question annexe, mais qu’elle est désormais irréversiblement lié à notre identité politique. Nous sommes socialistes donc nous sommes écologistes .

Et même face au renoncement, face à la peur de l’échec, nous résisterons et nous continuerons à faire pression. Parce que dans l’histoire, même dans les moments où la situation semble désespérée, c’est notre volonté inébranlable qui a fait s’écrouler les murailles les plus solides. Alors ce n’est pas aujourd’hui que, nous, les jeunes socialistes, nous allons renoncer!

Regardez les socialistes d’où ils viennent :

Nous sommes ancrés dans une histoire, mais nous sommes surtout ancrés dans le réel. Ce réel qu’à oublié le pouvoir.

Nous, nous venons du peuple, oui, notre combat politique est un combat pour ce peuple, oui nous en sommes fiers de ce peuple !

Je ne viens pas des circuits classiques qui fabriquent le « militant politique » dans notre famille. Mes parents ne sont pas élus, je n’ai pas fréquenté les cabinets ou les salons parisiens. Je viens d’une ville ouvrière. J’ai travaillé au cœur des banlieues de l’Essonne. Mon militantisme, ça a d’abord été celui des associations, de l’action de terrain, de l’éducation populaire. C’est les centres de vacances et les Bafa, qui forment des milliers de jeunes chaque année à la vie collective, au vivre ensemble. C’est la vie des jeunes. C’est toute cette vie, tous ces jeunes de gauche, qui doit nous irriguer.

Et nous allons tout faire pour nous laisser irriguer.

Parce que les jeunes sont nombreux, divers,
Parce qu’ils sont lycéens, étudiants, jeunes actifs, créateurs, apprentis, intermittents.
Parce qu’ils ont souvent le cœur à gauche.
Parce que leurs valeurs c’est la confiance, l’échange, le métissage.

Parce que ces valeurs sont les nôtres, pour tout cela nous allons faire sauter les murs qui nous enferment aussi et qui les enferment en dehors de notre famille politique et le dire bien haut, notre mouvement doit accueillir tous les jeunes qui veulent porter ces valeurs et ces idées au pouvoir !

Ce qui commence aujourd’hui, ici à Grenoble c’est 2012. La première étape c‘est 2010 .

Le bilan des régions socialistes est sans appel pour la droite: Heureusement que nous étions là pour compenser les manquements et l’indigence de ce Gouvernement. Les régions socialistes, c’est un plan de relance deux fois supérieur à celui du plan de relance national!

Les régions socialistes c’est aussi une politique de développement durable sans précédent, la gratuité des fournitures scolaires pour les lycéens, de nouveaux espaces de démocratie, de vivre-ensemble, c’est le soutien aux filières économiques responsables, et désormais même les chèques contraception dans les lycées .

Les régions socialistes ont un temps d’avance sur un Gouvernement qui reste amorphe face aux enjeux environnementaux, qui reste amorphe face à la crise sociale dans laquelle nous sommes plongés, qui reste sourd aux cris d’une jeunesse méprisée et abandonnée.

Nous allons nous engager dans une campagne qui sera sans concession, difficile mais tellement enthousiasmante, nous voulons vivre un printemps rose, nous voulons qu’en 2010 les socialistes fassent le grand chelem. Alors tu pourras compter sur nous Martine pour porter la gauche au sommet .

Tu pourras compter sur nous comme tu peux compter sur nous pour lutter pied à pied contre les régressions du Gouvernement Fillon.

Car même si leurs pseudo-réformes sont votées par le Parlement, à chaque fois que nous l’estimerons nécessaire, nous serons dans la rue.

Parce que c’est notre devoir de socialistes.

Parce que la politique et le mouvement social sont deux branches du même arbre, nous continuerons, aux côtés de nos camarades syndicalistes, mutualistes, associatifs, à porter le fer contre la droite la plus rétrograde des 50 dernières années!

Les valeurs du syndicalisme, du mutualisme, de l’éducation populaire sont nos valeurs. Ce sera sur ces valeurs de démocratie, de lutte, d’émancipation, de refus de l’ordre établi, que nous devrons aussi organiser la participation populaire lors des primaires.

C’est pour cela que nous proposons d’être les chevilles ouvrières de ce formidable outil que peuvent être les primaires.

Il y a deux conceptions des primaires, une vision restrictive qui viserait à un peu élargir la base de ceux qui choisissent le candidat pour faire à l’extérieur ce que notre parti a bien du mal à faire à l’intérieur. Et il y a une toute autre conception des primaires…

Des primaires qui permettent d’unifier la gauche par le débat, des primaires où les citoyens, les syndicalistes, les militants associatifs et bien entendu les militants des partis politiques se rencontrent, débattent, échangent, militent et font entendre cette polyphonie magnifique qu’est celle de la gauche en mouvement.

Des primaires comme outil de l’union de la gauche, de la prise de pouvoir des citoyens.

C’est cela le rôle du MJS de faire que tous ceux qui se sentent exclus de la démocratie, de la gauche participent, s’emparent de ce processus. Oui nous créerons des collectifs pour l’organisation de primaire dans chaque lycée, université, quartier. Oui nous souhaitons que les jeunes de 15 à 18 ans qui n’ont connu que la droite au pouvoir puissent voter et désigner notre candidat à tous.

Oui, nous voulons le voir, ce mouvement de centaines de milliers de citoyens qui s’emparent de l’enjeu démocratique et qui feront la queue pour participer au grand choix de notre candidat, qui s’engageront pour la mobilisation formidable qui suivra, qui participeront à la campagne la plus massive de notre histoire et qui verront s’afficher en 2012 sur les écrans de télévision, le visage d’un des notres, qui incarnera pour eux, l’espoir, le changement, la vie meilleur qu’ils attendent depuis tellement longtemps.

Oui nous voulons voir briller ces yeux, oui nous voulons construire cette victoire que la gauche n’a construit qu’à de rares moments de notre histoire dans ce pays. Oui, nous allons le faire ensemble et ça commence aujourd’hui, c’est le mouvement que nous allons soulever !

Mes chers camarades. En votant lors de notre congrès les adhérents ont exprimé la volonté de faire évoluer notre organisation et de la mettre davantage en mouvement.

Nous allons nous tourner davantage vers les jeunes. Ils ne sont pas tous pareils les jeunes ! Il y a des lycéens, des étudiants, des salariés, des chômeurs. Ils ont des vies très différentes.

Eh bien, on va aller les chercher et les convaincre les jeunes là où ils vivent, dans les quartiers populaires, dans les Foyer de jeunes travailleurs, dans les cités U. On va aller les voir là où ils travaillent, chez Mc Do ou dans les boites d’intérim, dans leurs activités quotidiennes, devant les festivals ou à la sortie des matchs de foot.

Et pour cela je vous propose que nous bousculions nos habitudes, en inventant des modes d’actions différentes. En passant plus de temps sur le terrain, en allant susciter la rencontre, l’échange, le débat, partout et tout le temps.

Comment voudrions nous dire qu’on veut bousculer l’ordre établi dans la société si on ne bouscule pas nous-même la manière dont on fait de la politique ? L’ennui, le conformisme, le statut quo ne font pas partie de notre vocabulaire.

Nous allons lancer des réseaux pour réfléchir et nous organiser de façon plus souple et plus horizontale. Pour être présents dans les lycées, dans les entreprises, dans les universités, dans les quartiers. Des réseaux, sur le terrain, et en ligne, des actions coup de poing, de la présence, des outils et des campagnes !

Un mouvement ouvert, un mouvement souple, un mouvement qui agit, un mouvement plus structuré en réseau voilà ce que nous allons faire.

Et ce mouvement que nous allons construire, c’est aussi un mouvement qui réfléchit et qui débat !

C’est le sens de la série de convention que nous organiserons sur les thèmes qui nous paraissent importants d’ici à 2011 où nous présenterons nos propositions.

Nous vous proposons de lancer dès aujourd’hui, avec les syndicalistes, avec les chercheurs, avec les jeunes actifs, avec la jeune gauche, le premier de ces grands débats, à la fois local et national, pour préparer notre première convention où nous mettrons à plat les différentes problématiques liées à l’emploi : l’insertion professionnelle, Temps de travail, qualité de vie au travail, discriminations à l’embauche et égalité salariale entre hommes et femmes.

Ces problèmes qui sont au cœur de la vie des jeunes aujourd’hui.

Nous avons d’ailleurs commencé à travailler avec les jeunes progressistes avec l’appel « Jeunes en résistance ». Et c’est la jeunesse, qui a fait la résistance, il y a 60 ans, c’est de la force de cette jeunesse qu’est née le programme du conseil national de la résistance. Alors avec nos amis et avec nos camarades, travaillons, débattons et bâtissons à notre tour le programme du conseil national de la résistance du 21ème siècle !

Et nous nous n’arrêterons pas là. Si on veut que la jeune gauche ce ne soit pas qu’un jeu d’appareil, il faut faire partager le plus largement possible cette envie de se rassembler. Dans notre congrès, des camarades ont proposé une idée excellente dans un des textes alors pourquoi ne pas tous nous en saisir ?

Organisons tous ensemble un grand rassemblement festif, une fête de la jeune gauche, avec nos amis verts, communistes, radicaux, citoyens, avec tous les militants qui le souhaiteront et surtout en s’ouvrant à ceux qui ne sont pas militants ! Avec des artistes, des stands et une gauche qui sourit, une gauche qui fête sa jeunesse, son envie de faire et d’inventer, son envie de se rassembler. Voilà le visage de la gauche que nous voulons offrir à notre génération !

Nous allons repartir tout à l’heure dans nos départements, nos villes et nos quartiers. En s’engageant pour cette aventure qui se dessine devant nous je veux que chacun d’entre nous se dise que nous n’avons plus aucune raison d’avoir devant nous la moindre peur ou le moindre complexe.

Ce congrès raconte bien cette histoire que nous vivons en ce moment à gauche. Ce week-end c’est aussi l’espoir qui change de camp. Désormais, que chacun, partout, tout le temps, se dise que nous n’avons aucune raison de ne pas assumer nos convictions dans la société.

Ce n’est pas parce qu’une idée n’est pas dans le calendrier de Nicolas Sarkozy et des médias que nous ne la porterons pas, que nous ne la martèlerons pas, que nous ne convaincrons pas autour de nous.

Non, nous n’avons pas peur. Nous n’avons pas peur de Sarko. Nous n’avons pas peur du mur de la fatalité. Nous ne sommes pas là pour nous défendre ou pour rejouer les batailles des années 90. Nous parlons bien d’un nouveau modèle de société et de développement.

Nous ne sommes pas là pour nous laisser caricaturer ou enfumer. On lit dans la presse que nous serions des troupes, des écuries.

Nous sommes tous ensemble ici, les jeunes socialistes, à Grenoble.
Nous ne sommes pas les strauskahniens.
Nous ne sommes pas les Aubrystes
Nous ne sommes pas les hamonistes
Nous ne sommes pas les ségolénistes
Nous ne sommes pas les moscovicisites.
Nous ne sommes pas les hollandistes ou les delanoistes.
Rassemblés, nous sommes tout cela et bien plus à la fois.

Nous sommes les jeunes socialistes.

Nous venons de loin, de partout.
Nous sommes les enfants des Lumières et de la Révolution.
Nous sommes les enfants de Marx et de Leroux.
Nous sommes les enfants de Jean Jaurès et de Léon Blum.
Nous sommes les enfants de la Résistance, de Walter et de ses compagnons.
Nous sommes les enfants de Keynes et de mai 68.
Nous sommes les enfants de Rosa Luxembourg, de Louise Michel, de Simone Weil, de Simone de Beauvoir.
Nous sommes les enfants de Mendès France, de Lionel Jospin et de François Mitterrand

Nous venons du métissage, des cités, du monde entier, de Martin Luther King, de Nelson Mandela.

Nous sommes les jeunes socialistes.

Nous venons de tous les endroits dans le monde où l’on se bat pour la justice et la dignité.

Nous sommes la jeunesse, avec ses forces, ses envies ses engagements et ses espoirs.

Nous sommes tout cela et rien n’arrêtera la force d’une génération qui choisi de ne plus reculer.

Chers camarades retournons dans nos fédérations, nos villes et nos campagnes.

Retournons à Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Lille pour résister face à la droite.

Retournons à Toul, Quimper, Nantes, Cahors et Brive la Gaillarde pour faire entendre la voix des jeunes socialistes, nos aspirations, nos rêves et espérances.

Retournons à Besançon, Montpellier, Limoges, Metz et Strasbourg pour mobiliser tous les jeunes de ce pays, leur dire qu’une autre France, une autre Europe, un autre monde est possible et qu’il ne tiens qu’à nous de les faire éclore.

Nous voulons donner à chacun la possibilité de venir construire avec nous la gauche dont il a toujours rêvé

C’est maintenant à nous d’écrire cette histoire. Rien ne nous résistera si nous le décidons. Rien n’est impossible puisque nous le ferons.

Jeunes, socialistes, en avant !

Préparez le changement: restez informés!

3 commentaires

  1. nico83

    23 novembre 2009 à 13:13

    Bravo , très bon discours !

  2. Mouvement des Jeunes Socialistes » De retour du Congrès national

    25 novembre 2009 à 14:23

    […] Retrouvez ici le discours de Laurianne DENIAUD, nouvellev présidente du M.J.S. : http://www.jeunes-socialistes.fr/2009/11/discours-dinvestiture-de-laurianne-deniaud/ […]

  3. Leroy

    11 janvier 2010 à 19:15

    Je découvre ce site…beau discours en effet…
    mais 2 commentaires depuis Novembre pour un grand élan de la jeunesse…! les troupes ne semblent pas vraiment dynamiques…
    Réfléchir ensemble et batir un programme…c’est ce que fait le PS depuis des années…!!!
    pendant ce temps là, la roue tourne…et vous voila tous comme des vaches qui regardent passer un train !
    Le temps de la réflexion est bien passé depuis longtemps..l’heure est à l’action, le temps presse si nous voulons sauver non seulement les jeunes de ce pays, mais aussi nos enfants et leurs descendants…
    Je ne suis pas de droite, mais terriblement déçu par une gauche à laquelle j’ai longtemps adhéré et qui n’a su m’apporter que désillusions, mensonges et luttes intestines pour l’ascension au pouvoir !
    La Liberté…où se cache-t-elle ? nous n’en avons plus! L’Egalité…douce utopie…on peut lutter pour abolir les grandes inégalités, mais ne rêvons pas trop…d’ailleurs est-elle souhaitable? rêvons nous de nous transformer en un troupeau de moutons?
    Les inégalités existent et fort heureusement pour amener un peu de diversité dans ce monde bien triste et monotone auquel on nous prépare ! Ne venez vous pas de faire un congrés pour élire une tête? C’est bien le point de départ des inégalités!
    La Fraternité…tout le monde en rêve…mais dés le départ, Abel et Caîn nous ont montré que c’était impossible!
    Alors restons les pieds sur terre et arrêtons un moment de rêver, de penser…pour AGIR !
    Notre monde s’ecroule de partout…finissons de le raser au plus vite pour enfin reconstruire sur des bases solides pour tendre enfin versun monde meilleur ou l’Homme retrouvera enfin sa place qu’il a peu à peu cédée à l’Argent roi !

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