Pour une vraie politique de l’emploi

La situation de l’emploi : conséquences des politiques menées par la droite

Malgré les grandes annonces médiatiques du président de la République et de l’UMP annonçant une politique de lutte contre le chômage, force est de constater que depuis qu’elle est au pouvoir la droite n’a cessé de favoriser l’augmentation du nombre de chômeur.

Objectif : Précariser !

La politique des gouvernements successifs de droite, depuis 2002, à travers de nombreuses mesures organisent la « flexibilité » du travail, c’est-à-dire l’augmentation de la précarité pour les salariés.
Sous couvert de rendre plus lisible le code du travail, le gouvernement s’est attaqué méthodiquement à revenir sur des droits que les salariés avaient obtenus : simplification du recours à l’intérim, instauration du licenciement à l’amiable, éclatement des droits de certains salariés entre plusieurs codes (code rural, code de la famille et de l’action sociale…), possibilité pour le patronat de revenir sur des jurisprudences favorables
aux salariés. Les récentes attaques contre l’inspection du travail, chargée de veiller à la bonne application du code du travail, ou contre la médecine du travail relève de la même logique : affaiblir les garde-fous auxquels peuvent avoir recours les salariés.

Un des autres objectifs que poursuit la droite, c’est d’imposer des contrats de travail au rabais. Alors que le CDI n’est plus la norme et que de nombreuses embauches se font en CDD ou par le biais des missions d’intérim, la droite a été à l’initiative de contrats spécifiques, qui donne des droits bien en deçà du CDI et tente de les ériger en norme. C’est ce qu’elle a fait avec le Contrat Nouvelle Embauche (CNE) et qu’elle a tenté de mettre en place avec le Contrat Première Embauche (CPE). Dans les deux cas, l’UMP s’est d’abord attaqué aux plus fragiles (les entreprises de moins de vingt salariés et les jeunes) pour tenter d’imposer ensuite ces contrats à l’ensemble du salariat, comme l’annonçait le candidat Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle à travers la mise en place d’un « contrat unique ».

Dans la même logique, le président de la République promeut les contrats aidés tels que les Contrats d’Accompagnement dans l’Emploi (CAE) et les Contrats d’avenir (CA) qui sont réservés aux personnes les plus fragilisées dans l’emploi. Ces contrats très précaires maintiennent pourtant les salariés pour lesquels il est destiné dans des conditions de précarité très importantes.

Maintenir le chômage pour réduire les protections collectives

Dès son arrivée au pouvoir le gouvernement de Nicolas Sarkozy s’est attaqué à démanteler la réduction du temps de travail. Ce travail a consisté à « assouplir » le dispositif contraignant des 35 heures, mais surtout à défiscaliser les heures supplémentaires. En mettant en place ce dispositif, par le biais du paquet fiscal, la droite a réussi l’exploit de faire en sorte que les heures supplémentaires coûtent moins cher que les heures travaillées en période « normale » : La France est le seul pays au monde où un tel dispositif existe. Ce dispositif représente depuis 2007 un cadeau de 3,3 milliards d’euros au patronat par le biais des exonérations de cotisation sociale. Il est surtout un véritable frein à l’embauche car il incite les entreprises à forcer les salariés à effectuer des heures supplémentaires moins chères plutôt que d’embaucher de nouveaux salariés.
Le travail du dimanche s’inscrit dans la même logique. La droite tente de justifier ce travail dominical au motif que cela créerait de la croissance par la consommation. En réalité, l’acte d’achat sera simplement reporter de la semaine au dimanche, mais il n’y aura pas plus d’argent qui sera dépensé. Cette mesure, loin de créer de l’emploi, transférera les emplois de la semaine au week-end. Pire, s’il y a création d’un emploi le week-end en grande surface, ce sont trois emplois dans les petits commerces ou dans les grandes surfaces qui seront détruit.

Ces mesures s’appuient sur le « volontariat » des salariés. Or, le lien de subordination entre le salarié et son patron, notamment en raison du taux de chômage très élevé, oblige le salarié à accepter les heures que lui impose son patron. Autre politique aberrante en matière d’emploi, le gouvernement s’obstine à réduire l’emploi public. Le dogme de la réduction des dépenses conduit l’UMP à vouloir détruire 30 000 emplois publics par an. Pourtant, ces emplois sont la garantie de services publics efficaces qui répondent aux besoins de la population.

La politique que mène la droite démontre bien que son objectif n’est pas de faire diminuer le chômage. Au contraire l’UMP s’appuie sur une masse de salarié « disponible » pour revoir au rabais les conditions de travail de l’ensemble des salariés. Depuis 2002, les gouvernements reviennent méthodiquement sur de nombreux
droits sociaux et protections collectives. Ces garanties sociales ont étés acquises pour modifier le rapport de force entre patronat et salariat ; forcément plus favorable au patronat en l’absence de dispositifs.
Les mesures prises par la droite forment une politique cohérente. En détruisant ces protections, l’objectif est de rétablir le rapport de force en faveur du patronat lui permettant de bénéficier d’une main d’oeuvre corvéable.

Les jeunes, premières victimes de la crise et des politiques libérales

La crise a des conséquences catastrophiques en matière d’emploi. Les plans sociaux se succèdent, augmentant de manière importante le taux de chômage. En 2009, ce sont plus de 500 000 emplois qui seront supprimés et le taux de chômage atteindra 10% en 2010, soit 2 points de plus qu’en 2009. La baisse du pouvoir d’achat continue de se ressentir, déjà diminué de 0,5% en 2008, elle représente 1% en 2009.

Les jeunes sont les premières victimes de la crise. Le taux de chômage des moins de 25 ans a augmenté deux fois plus que le taux de chômage global : C’est près d’un jeune actif sur quatre qui est sans emploi. Les jeunes sortis du système éducatif sans diplôme, sont encore plus touchés par le chômage et la précarité, car de plus en plus de diplômés occupent des emplois pour lesquels ils sont surqualifiés. Il s’agit des conséquences des politiques libérales qui considèrent les jeunes – comme les immigrés, les femmes…-comme la principale variable d’ajustement de l’emploi. Il est plus facile dele faire avec les derniers arrivés sur le marché de l’emploi qu’avec ceux qui sont déjà en poste depuis de nombreuses années… Les libéraux poursuivent, pas ailleurs, l’objectif de dresser les jeunes à leur doctrine politique. L’emploi des jeunes n’est pas une question spécifique. S’attaquer au chômage des jeunes, c’est s’attaquer au chômage en général. Pourtant, les politiques menées ces dernières années ont systématiquement installés des dispositifs spécifiques (contrats spécifiques, emplois aidés,…) à la jeunesse les plaçant « en dehors » de l’emploi.
Le diplôme étant la meilleure arme contre le chômage, nous réaffirmons qu’il faut permettre à chacun d’obtenir le plus haut niveau de qualification, dès la formation initiale. Il faut dès lors continuer à oeuvrer pour la démocratisation des études. Il faut mettre en place une allocation d’autonomie qui permette à chaque jeune d’accéder à l’autonomie et de pouvoir étudier dans de bonnes conditions.

Les jeunes ne bénéficiaient jusqu’à présent d’aucune protection entre la fin des études et le premier emploi. La seule réponse apportée par le gouvernement à la jeunesse est l’extension du RSA pour les moins de 25 ans. Mais en réalité cette mesure ne modifiera pas la donne : Les jeunes qui remplissent les conditions fixées par le président de la République ont déjà accès à l’indemnisation chômage et ne pourront bénéficier du
RSA qu’après deux ans de chômage. La grande majorité des jeunes au chômage ne bénéficient d’aucun dispositif: 300 000 jeunes resteront non indemnisés. Nous considérons que les jeunes doivent pouvoir accéder à une forme d’assurance chômage, qui permette de leur garantir une sécurité sociale.

Les jeunes sont le révélateur de l’absence de politiques menées par le gouvernement pour lutter efficacement contre la perte d’emploi et la diminution du pouvoir d’achat.

Mener une vraie politique de l’emploi

Le droit aux études et au premier emploi

Le droit aux études passe par la mise en place d’une allocation d’autonomie qui permette aux jeunes d’accéder à l’autonomie et d’étudier dans de bonnes conditions. En ce qui concerne les jeunes sortant du système scolaire sans diplôme, dont la plupart ont arrêté leurs études à quelques mois de l’obtention de leurs qualifications, l’allocation autonomie doit prendre la forme d’une « allocation-rebond » donnant les moyens
financiers et l’accompagnement pédagogique nécessaire à la validation du diplôme. Pour les jeunes chômeurs nous portons la mise en place d’une allocation d’insertion. Le droit à l’emploi passe par l’accès à un CDI dès le premier emploi dès la fin des études, ce,notamment, afin de lutter contre le déclassement.

Augmenter les salaires en répartissant les richesses autrement

Depuis les années 80, la part des salaires dans la répartition des richesses créées a diminué de 10 % en faveur des profits. Les entreprises du CAC 40 continuent de réaliserdes bénéfices qui se comptent en milliard. Et les patrons de ces entreprises perçoivent des rémunérations à hauteur de plusieurs millions d’euros. Nous devons répartir les richesses autrement !
L’augmentation des salaires doit être une priorité. Il faut augmenter le SMIC à 1500 € mensuel dès maintenant. En augmentant les minima sociaux, nous ferons mécaniquement augmenter l’ensemble des salaires. Cela permettra la relance par la consommation.

Interdire les licenciements

Des entreprises, qui réalisent des bénéfices, profitent de la crise pour exécuter des plans de « restructurations » conduisant à des licenciements. Nous devons interdire aux entreprises qui font des bénéfices de licencier.
Nous devons conditionner les allégements de cotisations patronales à la politique
d’emploi au sein de l’entreprise.

Augmenter les emplois publics garants de services publics plus efficaces

Les services publics ont besoin d’être modernisé pour répondre à de nouveaux enjeux. Pour être efficaces et répondre aux besoins de la population, les services publics ont besoin de personnel. Qui peut croire que l’on améliorera la réussite éducative avec moins de personnel pour encadrer les élèves ? L’Etat doit prendre ses responsabilités : Stopper toutes les suppressions d’emplois publics et ouvrir davantage de postes dans les
concours qui donnent accès à la fonction publique.

Partager le travail

Il faut partager le travail pour créer des emplois, comme les 35 heures l’avaient fait lors de leur création. Nous devons revenir aux 35 heures et mettre fin au dispositif d’heures supplémentaires défiscalisées véritable frein à l’embauche. Notre réflexion prend en compte le temps de tra vail tout au long de la vie, à travers la mise en place d’une sécurité sociale professionnelle.

Protéger les salariés

Pour rétablir l’équilibre dans les relations entre le patron et le salarié, des protections collectives à la hauteur doivent être apportées : Il faut un code du travail plus protecteur mais aussi une inspection et une médecine du travail efficace. Ces garanties doivent être des freins à la pénibilité des emplois, source de souffrance au
travail. Nous réaffirmons que l’âge de départ à la retraite doit être à 60 ans à taux plein.

Préparez le changement: restez informés!

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