Le virus Bachelot

Issu de la Résistance, né au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le 4 octobre 1945, la protection sociale est un système fondé sur le principe de la solidarité nationale afin de mieux lutter contre la pauvreté et les risques d’exclusion. Elle couvre l’ensemble de la population résidant dans le territoire contre les conséquences financières et les risques de la vie. Ce système d’assurance maladie a été mis en place notamment dans le but de garantir un égal accès aux soins pour tous. Il s’inscrit également dans le cadre de l’Etat providence, qui est une intervention économique et sociale de l’Etat dans le domaine social à travers le système de protection sociale.

Néanmoins, depuis les années 1970, l’on connait une forte crise de l’Etat providence s’expliquant par diverses raisons : ralentissement de la croissance, montée du chômage, difficultés de financement de la protection sociale. Cette situation s’accentue d’avantage, puisque nous connaissons actuellement une grave crise économique et sociale s’accompagnant d’une dégradation générale des conditions sanitaires en France. En effet, aujourd’hui c’est 15% de Français qui renoncent aux soins pour des raisons financières et 7% n’ont pas de couverture complémentaire. Constat beaucoup plus alarmant chez les étudiants, car 23% renoncent aux soins et 15% d’entre eux n‘ont pas de complémentaire de santé. De plus, les inégalités territoriales d’accès à la santé ne cessent de se creuser face à l’augmentation des déserts médicaux.

Ces différents éléments ont justifié la remise en cause, par les pouvoirs publics, de l’efficacité du système da santé. Accusation émanant principalement de la droite qui nous affirme que la protection sociale coûte trop chère à la société, nous explique que la solidarité est un obstacle majeur au progrès, et que le service public est moins efficace que le privé. Certes, il est vrai que notre système de santé se porte mal et que nous devons réfléchir sur des nouveaux modes de financement de la protection sociale. Néanmoins, nous ne pouvons plus nous contenter de désigner systématiquement comme le fait la droite un coupable ; les malades qui sont selon elle des « consommateurs de soins », nous ne pouvons plus nous contenter de dramatiser le « trou de la sécu » pour réduire le périmètre des solidarités collectives. L’apport de solutions justes, efficaces et adaptées à la situation que nous connaissons est nécessaire. Malheureusement le gouvernement Fillon nous propose des mesures inquiétantes, inadaptées et surtout des mesures dangereuses pour l’avenir de notre système de santé, aggravant ainsi un peu plus les inégalités sociales d’accès à la santé. Après l’instauration de la tarification à l’activité au sein des hôpitaux, le gouvernement nous propose désormais un projet de loi nommé « Hôpital, Patient, Santé et Territoire ». Le problème est que cette loi ne répond pas à l’urgence actuelle, mais bien au contraire, elle met à mal l’Hôpital public.

En effet, cette réforme favorise la généralisation de la tarification à l’activité dite T2A (une réforme financière s’appliquant à l’ensemble des établissements de santé et modifiant en profondeur le mode d’allocation des ressources des ces derniers). Les établissements seront dès lors rémunérés en fonction du diagnostic et des actes effectués pour chaque malade lors d’une hospitalisation. Ce principe est inquiétant, car il favorise la surconsommation de soins médicaux et freine considérablement le développement des comportements préventifs. De plus, la T2A donne pour objectif aux hôpitaux publics de devenir rentables, démarche inacceptable puisque cette réforme ne répond pas au déficit des hôpitaux publics.

De même que cette loi Bachelot est totalement contraire à l’intérêt des patients, puisque la toute nouvelle organisation du système de santé français sera basée sur une logique de rentabilité du privé, l’hôpital sera désormais géré comme une entreprise avec à sa tête un directeur omnipotent qui déterminera la politique médicale de l’hôpital en choisissant les patients jugés rentables. Le directeur pourra également nommer et révoquer les médecins et ces derniers n’auront plus la possibilité de proposer un véritable projet médical pour l’hôpital ; attitude allant bien évidemment à l’encontre du principe d’égalité d’accès aux soins pour tous et privant les professionnels de santé de leur liberté d’installation pour mieux les répartir. Ce projet de loi prévoit notamment la suppression de 20 000 postes mettant ainsi en péril le rôle et les missions de l’hôpital public, et contribuant à la dégradation des conditions d’accueil des patients et aux conditions de travail du personnel hospitalier.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes dénonce ainsi cette nouvelle réforme de la santé qui suit la logique entreprise par la droite depuis sept ans ; celle de la logique comptable où la rentabilité prime sur l’humain. Notre système public de solidarité est une fois de plus attaqué de plein fouet. Une réforme du système de santé doit être conçue pour les malades, avec les malades et surtout avec les acteurs du monde hospitaliers (aides- soignants, infirmiers et médecins). Ce projet de loi annonce le démantèlement pur et simple de l’hôpital public. A titre d’exemple, on ne parle plus d’hôpital public mais d’établissement de santé.

Pourtant d’autres solutions sont possibles : le paiement de l’Etat de sa dette qui est de 5,6 milliards d’euros pourrait répondre au déficit des hôpitaux, la fin des exonérations des cotisations patronales qui coûtent 23 milliards d’euros à l’Etat est une exigence ! De plus, la mise en place d’une véritable politique de prévention surtout auprès des jeunes est nécessaire, car elle trop peu présente en France. La création d’une allocation d’autonomie universelle et individualisée doit être prise en compte, car elle permettra aux jeunes d’accéder dans de bonnes conditions aux soins et de se doter d’une complémentaire santé.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes rejette la vision de la droite : la santé n’est pas une marchandise, l’hôpital n’est pas une entreprise. Nous jeunes socialistes assumons notre idéal collectif, celui de la solidarité entre génération et nous nous battrons pour l’émergence d’un véritable système de santé solidaire plus performant et de qualité incontestable. Nous faisons de l’égalité devant la santé une priorité absolue.

Préparez le changement: restez informés!

2 commentaires

  1. PCF

    17 septembre 2009 à 00:22

    Aller aller on supprime la sécu et enfin qu’elle soit soumise aux lois du marché! enfin bon on est le dernier pays au monde à forcer les gens comme des esclaves à payer leur dime aux seigneurs du MEDEF et de la CGT. Ras le bol de la sécu, ca coute cher pour tout le monde, on dit stop!

  2. bjr44

    21 juillet 2010 à 01:16

    oui et en plus madame roselyne fait des coupes dans les budgets certains medicaments ne sont plus remboursées part carte vitale il faut avancées les frais c quelque chose d injuste quand une personne prend un traitement longues durée bref sans parler des restructurations marre que l on nous prennent pour des moutons!

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