Texte présenté par le Bureau National du 5 Juillet et soumis aux amendements des fédérations

Un texte d’orientation du MJS n’est ni un manuel du parfait militant ni une mini motion du PS. Il doit être un outil, qui partant d’une grille d’analyse, fédère un collectif autour d’une démarche au service d’un idéal commun.

Notre monde change et affronte crises et révolutions.

Depuis les années 70, la mondialisation s’est appuyée sur un capitalisme néolibéral qui a su imposer son modèle de société : libre-échange absolu, déréglementation, modération salariale, mise en concurrence des salariés par le chômage et la précarité, déconstruction de l’Etat social, politiques sécuritaires… Les désordres géopolitiques se sont amplifiés au détriment des aspirations des peuples. Accéléré depuis la chute du mur de Berlin, l’avènement de cet impérialisme culturel et économique n’a poursuivi qu’un seul objectif : permettre aux détenteurs du capital de préserver et d’étendre leur domination.

Pour la première fois, les conséquences de ces mouvements se répercutent à l’échelle de notre monde.

La crise financière, économique et sociale due aux violentes secousses du système capitaliste vient renforcer la crise écologique, alimentaire, de l’eau, énergétique que subissaient déjà des milliards d’individus. Le dérèglement profond de la biosphère dû au réchauffement climatique, et à une nouvelle vague d’extinction des espèces, symbolise à quel point le capitalisme peut se développer dans la négation de l’humain et de son avenir. Les révolutions numériques, génétiques et technologiques imposent aussi une nouvelle manière de regarder notre environnement et leur marchandisation doit nous interpeller sur le sens du progrès.

En Europe, la social-démocratie s’effondre.

Les valeurs de la gauche sont plus que jamais d’actualité, et une large majorité de la population mondiale partage un intérêt à des changements profonds.

Cependant une profonde rupture démocratique est orchestrée par une oligarchie économique, politique et médiatique, dans l’objectif de maintenir le système en place.

Au lieu de défendre ceux qui sont exploités par la classe dominante, la social-démocratie a abandonné ses objectifs de transformation sociale ; elle a accompagné les transformations du capitalisme et s’est enlisée dans un système producteur d’inégalités nourrissant ainsi des désillusions collectives et individuelles, confortant ainsi une vision atomisée de la société. Celle-ci a pour conséquence un isolement des individus alors que le processus de fragmentation sociale s’alimente d’une précarité grandissante et d’un chômage de masse notamment chez les plus jeunes. Tout ce qui fait société est alors remis en cause et la recherche d’outils collectifs perd son sens.

Nous ne pouvons plus attendre.

Nous voulons agir pour gagner et gagner pour changer la vie. L’étape cruciale pour proposer une alternative, c’est 2012. Nous avons trois ans pour construire une victoire aujourd’hui improbable si nous n’arrivons pas à faire changer notre famille politique.

Nous sommes autonomes. Cette autonomie doit servir notre famille. Nous devons bousculer les socialistes pour qu’ils soient exemplaires, qu’ils construisent un projet de qualité, une stratégie solide, qu’ils présentent les meilleurs candidats pour gagner et transformer durablement la société, qu’ils retissent un lien profond avec la société.

Nous ne pourrons le faire qu’en étant nous-mêmes exemplaires, en étant les meilleurs acteurs de cette alternative et de ce renouveau que nous proposons. Nous voulons aujourd’hui que les jeunes socialistes fassent de leur mouvement la première force qui fasse vivre l’espoir à gauche.

Quelle société voulons nous ?

Nous défendons l’émancipation des individus.

Pour nous, socialistes, la finalité de l’action politique est de permettre à chaque citoyen d’être pleinement émancipé. 250 ans après la proclamation révolutionnaire de St Just qui affirmait que « le bonheur est une idée neuve en Europe », les jeunes socialistes souhaitent permettre à chacun de construire sa vie comme il le souhaite et de pouvoir aller à la recherche du bonheur.

Pour un nouveau modèle de développement : le socialisme démocratique.

Notre premier défi pour atteindre cet idéal est d’inventer un nouveau modèle de développement. C’est le socialisme démocratique qui redonne tout son sens à la république. La démocratie ne peut se résumer à un instrument technique, permettant d’arbitrer des choix pour une société. C’est pour nous un objectif en soi : permettre aux hommes de maitriser leur destin individuel et collectif.

Pour cela, la société doit garantir à chaque individu les droits imprescriptibles de la dignité humaine. Tout en garantissant les droits conquis de haute lutte, le temps est venu de proclamer de nouveaux droits. Ce sont les droits au travail, au logement, à l’accès aux soins, à l’éducation, à la formation et à l’information, à une alimentation saine, à l’eau potable, à l’énergie, à la mobilité, aux vacances… Il s’agit aussi d’assurer le droit à l’accès à la culture, aux loisirs, aux moyens de communication. L’exercice de ces droits ne peut tolérer aucune discrimination ou oppression.

L’Égalité au service de l’émancipation.

L’égalité des droits est un préalable, mais les proclamer serait vain si la société ne se donnait pas les moyens de les rendre effectifs pour chacun. C’est le sens de l’action politique que nous voulons entreprendre, c’est d’ailleurs pour nous au cœur de l’idéal démocratique. Pour garantir ces droits fondamentaux, nous devons réarmer la puissance publique.

Notre vision de la justice sociale s’incarne au travers d’une conception exigeante de l’Égalité : l’égalité d’autonomie qui permet à chaque individu d’être maître de son avenir à tout moment de sa vie, quels que soient ses choix et son parcours. C’est à la société de garantir l’autonomie à chacun. L’autonomie propre à chaque individu ne peut être garantie que par des droits collectifs qui préviennent, protègent et assurent qu’aucun citoyen ne puisse perdre une partie de sa liberté.

Cette vision de l’Egalité impose une meilleure répartition des richesses en inventant un système alternatif au capitalisme.

Nous souhaitons ainsi placer le travail au cœur de notre modèle de société. Il s’agit de permettre à chaque travailleur de vivre décemment en augmentant les salaires et en réduisant les inégalités de revenu ; de s’émanciper dans une société du temps libéré, notamment en réorganisant et en réduisant le temps de travail.

Les services publics et le système de protection sociale, avec la retraite à 60 ans, les 35 heures, et le système par répartition sont des acquis de civilisation qu’il faut défendre ; et les étendre, c’est remettre le volontarisme politique au goût du jour.

Cette plus juste répartition des richesses passe par une politique du plein emploi, une forte redistribution par un impôt sur les revenus véritablement progressif et une taxe sur la valeur ajoutée. Afin de garantir le droit à la formation et à l’insertion des jeunes, nous proposons la mise en place d’une allocation d’autonomie, universelle et individualisée en fonction des besoins propres du jeune.

Enfin, cela va de pair avec l’organisation des solidarités par l’appropriation sociale, qui passe notamment par l’invention des services publics du 21ème siècle et d’un système de protection sociale prévenant des nouveaux risques de la société.

Rien n’est plus fort que la volonté démocratique

Celle-ci ne saurait se voir contraindre par le marché. Ce n’est pas à lui de déterminer ce que doit être le futur. Le marché n’est qu’un outil. D’esclave de l’homme, il en devient aujourd’hui le maître. Notre rôle est de le maîtriser et de limiter son emprise pour qu’aucun droit individuel et collectif ne soit affaibli, pour que notre environnement soit préservé, pour que notre avenir soit garanti. Cette maitrise passe par un État social qui intervient fortement dans l’économie, des politiques territoriales ambitieuses et le développement de l’économie sociale. La démocratie doit aussi permettre de concilier justice sociale et justice climatique, notamment par une planification écologique afin de développer une économie faiblement consommatrice en carbone, et par le remboursement de la dette climatique du nord à l’égard des suds.

La République et l’Europe au cœur de notre modèle démocratique

Nous voulons une nouvelle République sociale, laïque, fraternelle et démocratique ; une République Sociale car mettant au cœur l’égalité et le partage des richesses. Une République laïque car la laïcité reste une idée neuve en ce début de XXIe siècle où libéralisme et repli identitaire avancent souvent de pair. Une République fraternelle car elle fait de la solidarité une valeur essentielle. Construire une République démocratique revient à en finir avec la Ve République bonapartiste. L’Europe ne doit plus être le cheval de Troie de toutes les déréglementations libérales et autoritaires. Cette République refondée devra donc s’inscrire dans une Europe sociale, fédérale, écologique et politique.

Nous souhaitons voir la démocratie progresser à l’échelle du monde

L’interdépendance des hommes nécessite de renforcer la solidarité internationale, l’universalisation des droits politiques et sociaux, et l’application de la démocratie comme moyen de prendre les décisions à l’échelle du monde. Ainsi, les outils de la mondialisation néolibérale que sont les institutions internationales tels le FMI et l’OMC doivent être radicalement transformées. Le rôle de l’Europe est déterminant : au lieu d’être un des moteurs des politiques libérales à l’échelle mondiale, elle doit être à l’initiative de ce modèle de développement.

Nous, jeunes socialistes du XXIème siècle, voulons que notre société fasse sens

Nous voulons collectivement et démocratiquement faire vivre un mode de développement respectueux de l’homme et donc de la planète, créateur de lien social. C’est l’idéal vers lequel nous tendons. Les outils et mesures que nous mettrons en œuvre pour y arriver et tous les débats techniques qui les accompagnent ne doivent jamais nous faire oublier cette finalité de l’action politique socialiste.
Pour y parvenir, nous prônons un réformisme au service de ces aspirations révolutionnaires. Nous voulons faire de notre idéal une réalité par le socialisme démocratique. Nous devons donc nous organiser pour la conquête des pouvoirs.

La gauche à la conquête des pouvoirs, un nouveau MJS pour ouvrir l’horizon

Nous voulons prendre les pouvoirs. Pouvoirs au pluriel car c’est une stratégie globale dont nous avons besoin. Nous devons nous organiser pour gagner dans les urnes et dans la société toute entière en 2012, mais aussi pour que la gauche soit victorieuse partout en Europe, pour que les salariés puissent prendre part au pouvoir dans les entreprises, pour que les citoyens ne se fassent plus dicter l’agenda politique par les médias, pour que les puissances de l’argent ne soient plus ceux qui déterminent l’horizon des possibles au sein de nos sociétés.

La Gauche n’a jamais gagné que rassemblée. Alors que les travailleurs ont des intérêts communs que doit défendre la gauche, il est irresponsable que le débouché politique soit déterminé par des jeux d’appareils. La gauche peut et doit se retrouver autour d’une offre politique commune.
A l’image de la Jeune Gauche, ce rassemblement à gauche, sans exclusive, doit rapidement avoir lieu en créant un espace de discussions, dans le respect des différences des uns et des autres. C’est ce rassemblement qui permettra, non seulement, de dépasser nos organisations respectives mais aussi de porter une véritable alternative politique, liée à un projet et à des primaires ouvertes au peuple de gauche. Le MJS doit prendre toute sa part à la fondation de ce nouveau mouvement à gauche.

Il nous faut construire un nouveau projet politique. Nous ouvrirons tous les débats, un par un. Il s’agit, en deux ans, de construire collectivement une contribution politique large et imaginative pour fournir des armes à notre camp pour la présidentielle. Nous proposons de conclure cette démarche par une grande convention nationale début 2011.

Cette ambition politique nous impose d’être à la hauteur.

Nous sommes fiers de ce qu’a accompli le MJS et nous portons la force de cet héritage, non pas avec nostalgie mais avec ambition. Une ambition collective pour l’avenir, celle d’aller encore plus loin. Des pistes restent inexplorées et de nouvelles sont à créer. Voilà ce qui nous amène à penser l’avenir MJS et à nous lancer de nouveaux défis.

Nous voulons un MJS ouvert, qui accueille tous les jeunes qui se retrouvent dans nos combats et aspirations, quel que soit leur statut, leur âge, leurs attentes, leur disponibilité, leurs horizons en leur permettant d’y trouver un cadre répondant à toutes leurs volontés d’engagement. Le MJS ne doit pas juste être le porte voix de ceux qui souffrent, mais également une organisation de masse qui permet la prise de parole et de pouvoir de ceux-ci, en s’ouvrant à tous ceux qui sont en colère et veulent changer le monde.

Nous voulons un MJS pertinent et impertinent, qui débatte régulièrement, qui fasse évoluer ses positions en associant largement ses adhérents, en parlant de tous les sujets, en se confrontant au reste de la gauche et au mouvement social, en abordant les nouvelles thématiques qui touchent notre société, sans dogme ni tabou.

Nous voulons un MJS offensif, qui diffuse ses idées, dans la famille socialiste et à l’extérieur avec plus de force, qui lance des initiatives, crée l’événement, qui soit visible et audible sur le terrain, sur internet, dans les médias et qui occupe une place unique dans le paysage politique français : un mouvement sans aucun complexe vis à vis de ses aînés et qui apporte idées et renouveau par ses actes, par ses discours.

Le MJS a toujours mis au cœur de sa démarche la nécessité pour la gauche de faire fonctionner ensemble le mouvement social et l’action politique. Nous devons lutter avec tous ceux qui agissent au quotidien et être à l’initiative des combats de demain. Nous utiliserons pour cela tous les modes d’action et nous en créerons de nouveaux. La désobéissance civile est ainsi un impératif républicain car lorsque les citoyens sont privés de leur droit à la dignité, la République est trahie. Ces résistances, en ouvrant le champ des possibles, permettent de mettre à mal dans le réel l’hégémonie culturelle. Ces actions apportent la crédibilité à la radicalité des changements que nous souhaitons pour la société.

Cela suppose de faire changer notre organisation, dans ses habitudes, dans ses pratiques, dans sa structure même et nous proposerons d’ambitieuses réformes : réorganisation des instances, simplification du processus d’adhésion, créations de réseaux de débats, de formation et d’action, mise en place de nouveaux outils numériques, démarche de rassemblement de la jeune gauche…

Nous proposons, 15 ans après l’autonomie, de construire un nouveau MJS.

Reste maintenant le plus important. Faire vivre ce changement.

Que chacun se dise que dans une organisation comme la nôtre, toutes les questions ont leur place. Chacun doit être responsable de son mouvement ; personne n’est propriétaire de ses fonctions. C’est pour cette raison que nous nous devons d’ouvrir de nouvelles portes. Nous ne devons pas reproduire, par habitude, tout ce qui s’est toujours fait avant mais inventer ce qu’il faut faire aujourd’hui et ce qu’il faudra réaliser demain. Pour nous, jeunes socialistes, ce sont l’imagination et l’énergie qui doivent, quelques soient les circonstances, prendre le pouvoir.
En 2009, alors que partout règne division, défaitisme, dispersion et pessimisme, nous devons prendre nos responsabilités en devenant les premiers acteurs de l’Histoire. Nous, jeunes socialistes, faisons le choix de l’action, du rassemblement, de la responsabilité, du renouveau, de la victoire. En un mot, le choix du mouvement.

Préparez le changement: restez informés!

2 commentaires

  1. Mouvement des Jeunes Socialistes du Vaucluse » 9ème Congrès du MJS

    28 septembre 2009 à 23:24

    [...] des contributions, il est temps pour nous d’étudier, de débattre et d’enrichir le texte d’orientation destiné à porter nos aspirations pour le mandat à venir. Il est important pour chaque militant [...]

  2. BOHN

    25 octobre 2009 à 10:18

    Je cherche MJS sur fontainebleau ou environs
    Salutations

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