Point de situation en République Démocratique du Congo

En décembre 2007, Joseph Kabila, Président de la RDC, a choisi d’engager le combat à l’est du pays dans la région du Kivu pour restaurer l’autorité par la force sur cette région instable depuis la chute de Mobutu et la guerre civile du Rwanda. Après avoir mis en garde Kinshasa, l’ONU s’est ralliée à cette décision. Cette offensive fut un échec, 25000 soldats loyalistes furent repoussés par les 4000 hommes de Laurent Nkunda.

Les forces militaires déployées

La Mission d’Organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUC) date du 30 novembre 1999 avec le vote de la résolution 1279  mettant en œuvre le chapitre 7 de la charte des Nations Unies en RDC. Elle fut complétée par une cinquantaine de résolutions. La MONUC est divisée en 6 zones, son quartier général est basé à Kinshasa. C’est la mission la plus coûteuse de l’ONU avec un budget annuel d’environ 1 milliard de dollars. Les quelques 17000 hommes qui la composent proviennent principalement de l’Inde, du Bangladesh, du Ghana, du Népal, d’Afrique du Sud et d’Uruguay. Elle a, à plusieurs reprises, montré son incapacité à protéger les populations civiles.

Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) est l’armée régulière de la RDC. Elle est commandée par Joseph Kabila, Président de la République. Fore d’environ 60000 hommes elle est dotée d’un matériel moderne et pourvu d’une bonne capacité de projection de puissance feu mobile.
Cette armée est composée des anciennes milices qui se sont battues après la chute de Mobutu et pendant la période de transition avec Laurent Désiré Kabila, le père de président actuel. Malgré leur équipement dernier cris, la cohésion et la formation de cette armée reste très faible. Le moral des troupes est également un facteur de défaite face aux rebelles. Les officiers de cette armées ont pendant la période de transition été nommé majoritairement par le RDC Goma, organisation politico-militaire roche du Rwanda et de Laurent Nkunda.

Le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) est la force rebelle installée dans l’est du pays dans la région frontalière du Kivu. Commandé par Laurent  Nkunda, ancien officier Tutsi de la FARDC. Ces troupes ont été intégrées dans l’armée loyaliste jusqu’à l’offensive de décembre 2007. Le CNDP est très bien armé et bénéficie du soutien semi-officiel du Rwanda. Les connexions internationales de Laurent Nkunda sont également très larges puisqu’en 2006 Georges Bush a fait bloquer ses comptes en banques basés aux USA, cela prouve que depuis les montagnes du Kivu il est possible de gérer des relations financières complexes et lointaines. Cela ne se fait pas sans aides extérieure.

Les intérêts économiques

Au sein de la FARDC et du CNDP comme des autres mouvements rebelles les officiers sont avant tout des hommes d’affaires qui font passé le contrôle des zones minières avant la protection des population ou même des prise de contrôle des villes et villages. Chaque groupe rebelle exploitent la population locale pour procéder à l’extraction des ressources minières de la région sous son autorité. Les populations civiles, leur situation sanitaire et sociale sont secondaires par rapport aux profits liés à l’extraction. Les pays frontaliers de l’est de la RDC (Rwanda, Burundi, Ouganda) sont depuis quelques années exportateurs de minéraux qui ne sont pas présent sur leurs territoires : or, coltan, étain, … Ces produits transitent par ces pays « stables » qui les commercialisent sur le marché mondial. On retrouve en cela le principe des « diamants de sang » des années 90.

En Août 2008, Laurent Nkunda lance une offensive pour agrandir sa zone de contrôle dans le Nord-Kivu et de positionner ses troupes à quelques kilomètres de Goma. Cette offensive aurait étrangement coïncidé avec la signature entre la RDC et la Chine d’un contrat d’exploitation de minerais. Laurent Nkunda réclame d’ailleurs la renégociation de ces contrats.

La question de savoir qui permet l’armement de la milice de Laurent Nkunda et qui a intérêt à contrer les opérations commerciales de la Chine dans cette région d’Afrique pour pousser à la baisse le coût des minerais se pose. Cela permet de faire pression sur Joseph Kabila dans ces négociations avec la Chine qui visent à échangé des minerais contre la construction de routes, d’hôpitaux ou d’écoles. Ce troc a toujours était condamné par la Belgique et la France.

La remise en cause de la MONUC

Depuis son déploiement en 1999, la MONUC est sujette à plusieurs controverses et remises en cause. Les abus sexuel de certains soldats sur les populations locale et les implications dans les trafics de certains contingents sont autant de facteurs qui réduise la légitimité et l’acceptation par la population locale de cette force d’interposition et de soutien au gouvernent congolais.

La MONUC contrôle plusieurs camps de réfugiés mais les populations croient de moins en moins dans la capacité des casques bleus à les protéger en cas d’offensive des rebelles. Les départs massifs de ces camps en novembre 2008 marquent bien cette défiance.

Le contingent indien est également accusé d’avoir négocié avec les rebelles du CNDP pour se livrer à la contrebande de minerais dans l’est du pays. Le colonel indien Chand Saroha, commandant entre fin 207 et début 2008 de la zone de Sake au nord de Goma est accusé de ne pas avoir rempli le mandat de l’ONU en ne fournissant pas un appui logistique au gouvernement congolais. Fait curieux, peu de temps avant son départ de RDC, il a remis une médaille d’honneur à Laurent Nkunda et s’est vue remercié par ce dernier pour son action lors de l’offensive de l’armée loyaliste qui c’était soldé par une victoire du CNDP !

L’ONU met en avant des difficultés logistiques dut à un manque d’équipements des contingents déployés pour justifier les erreurs et les manques dans son action. La France est également fortement remise en cause dans cette région par Laurent Nkunda qui l’accuse de protéger les génocidaires rwandais en refusant de désarmer le FDLR.

La situation en RDC est malheureusement une situation classique des pays africains hébergeant dans leur sous-sol d’importantes ressources naturelles et ayant des frontières établies lors de la décolonisation et ne correspondant pas aux équilibres locaux. La zone d’influence rwandaise, conjuguée aux milices issues de la guerre civile rwandaise, le soutien occidental à certains rebelles, la présence de la Chine sur le marché local des minerais, la légitimité contestée de Joseph Kabila, l’affaiblissement de la France dans cette région : tout cela conduit à un contexte explosif. L’implication des USA et de l’Union Européenne dans cette région, les pressions sur les Etats voisins pour stopper la commercialisation des minerais non issus de leur sol sont des éléments déterminants pour ouvrir la voie à la résolution de ce conflit politico-économique.

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