Le MJS demande la libération immédiate des trois opposants tchadiens arrêtés lors de l’offensive des rebelles et l’ouverture d’un débat au parlement sur le conflit tchadien.

Au début de l’entrée dans Ndjamena des forces rebelles, le Président Idriss Déby Itni a fait procéder à l’arrestation de trois opposants démocratiques à son régime afin de renforcer sa dictature sur le peuple tchadien. Ibni Oumar Mahamat Saleh, secrétaire général du PLD (Parti pour les Libertés et le Développement) et porte-parole de la coalition démocratique, Lol Mahmat Choua, ancien Chef d’Etat et Ngarlejy Yorongar, député fédéraliste, n’ont pu être enlevé sans l’ordre direct d’Idriss Déby Itni, il ne s’agit donc pas comme le dit le gouvernement Tchadien d’un enlèvement par les rebelles mais bel et bien d’une arrestation secrète et illégitime. Lol Mahmat Choua, a été « retrouvé » par le pouvoir tchadiens vendredi 15 février mais est toujours invisible en raison des séquelles physiques laissées par un interrogatoire musclé de la part du pouvoir tchadien. Nous sommes toujours sans nouvelles des deux autres disparus.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes, condamne l’emploi à plusieurs reprises par Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères, du qualificatif de légitime à propos du Président Idriss Déby Itni et déplore le manque de réaction de la République Française face à ces enlèvements.

Le silence du Quai d’Orsay et de l’Elysée est d’autant plus coupable que les services secrets français auraient, lors de l’exil de 48h dans le nord du Cameroun du Président Tchadien pendant les combats dans la capitale, interrogé les trois leaders avant de les remettre au pouvoir tchadien.
De plus, lors de la bataille autour du palais présidentiel, les forces françaises seraient intervenus directement en utilisant un corridor d’évacuation des expatriées internationaux, l’avenue Charles de Gaulle laissée libre par les rebelles sur demande française, pour faire pénétrer et intervenir des forces susceptibles de repousser l’assaut sur le palais présidentiel. Lors de cette bataille, les blindés tchadiens étaient déjà en feu et donc incapables de défendre le palais présidentiel comme cela nous a été présenté.

Le gouvernement français a outrepassé les accords militaires entre la France et le Tchad. Par ces actions, la France se marginalise un peu plus encore aux yeux des tchadiens et des gouvernements européens engagés dans le cadre de l’Eufor Tchad-RCA.

Le MJS s’insurge contre ces interventions et contre le néocolonialisme qui consiste à installer et maintenir des dictateurs (Paul Biya au Cameroun, Omar Bongo au Gabon, Idriss Déby Itni au Tchad, …) au pouvoir au lieu d’appuyer des alternatives démocratiques comme peut l’incarner le PLD d’Ibni Oumar Mahamat Saleh au Tchad. Si la prise de pouvoir des rebelles n’était pas souhaitable compte tenu des connections avec le Soudan et de l’instabilité de cette alliance, le fait de maintenir un peu plus encore un dictateur corrompu et criminel ne peut que déstabiliser un peu plus l’ensemble de la région et discréditer la France dans cette région du monde.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes demande l’ouverture d’un débat au parlement autour du conflit actuel au Tchad et de la politique françafricaine pour mettre fin au néocolonialisme politique et économique.

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