Quand modernisation rime avec régression

Vendredi soir, les négociations entre partenaires sociaux sur la « modernisation » du marché du travail  ont abouti à un projet d’accord qui ne fait pas l’unanimité. Encore une fois le terme « modernisation » est pour la droite synonyme de régression sociale.

Le contrat unique semble avoir été abandonné grâce au rapport de force imposé par les syndicats professionnels. Il n’en demeure pas moins que de graves attaques sont portées aux droits des salariés.

Une procédure de licenciement grandement facilitée : tentant de faire croire que salariés et employeurs sont sur un pied d’égalité, le Medef a réussi à imposer son fameux principe de « séparabilité à l’amiable » contournant le droit du licenciement.

Des périodes d’essai encore allongées : les cadres passent par exemple de 6 à 8 mois de période d’essai ! Nous pouvons nous interroger sur les compétences d’un employeur à qui il faudrait plus de 6 mois pour évaluer les qualités d’un nouvel embauché.

La création du « contrat à objet défini » installe dans la précarité toute une catégorie de salariés. Avec un terme indéfini allant de 18 à 36 mois, le salarié n’aura aucun moyen de se projeter dans l’avenir.

Cathy Kopp, du Medef, prétend que cette « négociation historique » crée « pour la première fois en France, une flexisécurité ».

La flexibilité est bien au rendez-vous, mais strictement aucune garantie d’une sécurisation des parcours professionnels n’est présente dans cet accord.

Denis Kessler nous avait prévenus, l’objectif du Medef est de revenir sur l’ensemble des droits sociaux, y compris ceux issus du programme du Conseil National de la Résistance de 1945.
Les régressions contenues dans cet accord constituent une première étape.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes est donc particulièrement inquiet de la future application de cet accord et s’engage pour la conquête de nouveaux droits sociaux.
A l’heure où la richesse produite par notre pays n’a jamais été aussi grande, la répartition de celle-ci n’a jamais été aussi inégale. Les écarts entre les salaires les moins élevés et les plus élevés augmentent sans cesse, tandis que les seuls outils de sécurisation des emplois sont détruits les uns après les autres.

Une vraie modernisation ne doit pas priver les salariés de leurs droits mais bien leur en garantir davantage.

Préparez le changement: restez informés!

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