Retour vers le futur : ou comment faire passer une réforme à la thatcher pour moderne

Contrats de droit privé, suppression des instances paritaires et réduction des effectifs, Nicolas Sarkozy s’attaque au service public sous couvert de « modernisation ». En voulant apparaître comme le chantre de l’efficacité, c’est le désengagement de l’Etat à tous les niveaux qu’organise le président de la République.

Bien entendu, les socialistes sont favorables à une amélioration de la gestion des politiques publiques, comme ils l’ont montré en portant la Loi Organique relative aux Lois de Finances (LOLF) pour permettre plus de transparence et une meilleure utilisation des deniers publics. Mais dans un souci constant de communication, le gouvernement utilise la rationalisation comme alibi et veut donner l’image d’une France sur la voie de la modernisation à travers des lois d’affichage, alors que c’est la régression qu’il organise.

A l’heure où les communes rurales voient disparaître leurs derniers bureaux de poste, où notre système éducatif a un besoin urgent de moyens humains et matériels, où la justice est totalement engorgée, la seule réponse que nous offre ce Gouvernement, c’est la réduction des effectifs et des moyens. Et ce, alors que le maintien du service public est essentiel pour faire face à l’explosion des inégalités que connaît aujourd’hui la France. Mais l’Etat selon Sarko préfère se mettre au service de la régression des droits comme le montre la mise en place auprès des préfets d’une « cellule experte en matière de contentieux des étrangers pour améliorer le taux de réussite des reconduites à la frontière », continuité d’une volonté systématique de stigmatiser les immigrés et d’abolir le droit d’asile.

Certes, après avoir offert 15 Milliards d’euros de cadeaux fiscaux à ses amis, on peut comprendre que M. Sarkozy ait du mal à trouver les marges de manoeuvre suffisantes pour maintenir des investissements permettant de garantir des services publics de qualité, pour tous. La solution du gouvernement : « réduire de 25% les charges administratives qui pèsent sur les entreprises pour réinjecter 15 milliards d’euros dans l’économie », comme l’explique Eric Woerth.

Fidèle à une gestion idéologique, le gouvernement continue sur sa lancée destructrice, et ce premier conseil de « modernisation » des politiques publiques entérine en fait le retrait de l’Etat sans réflexion sur le périmètre des services publics. Il prépare même leur privatisation sans se soucier des conséquences néfastes éprouvées ailleurs. Première attaque : la mise en place d’une régulation indépendante des différents modes de transport, en commençant dans un premier temps par les activités ferroviaires.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes prône une réforme des services publics qui permette la transparence dans la gestion (quid du budget de l’Elysée?), des investissements massifs pour un accès de tous à des services de qualité plutôt que des réductions d’impôts qui n’ont aucun impact sur notre croissance. A travers le démantèlement du service public ce sont les usagers et les citoyens qui sont directement attaqués.

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