Le MJS participera à la journée de mobilisation contre les franchises santé du 29 septembre.

Le projet de franchises santé du gouvernement actuel, confirmé par le discours de Nicolas Sarkozy du 18 septembre est dangereux. Il renforcera les inégalités dans l’accès au soin. Après le forfait hospitalier, le forfait de 1EUR, le forfait de 18 EUR, ce sont encore les seuls assurés sociaux qui sont mis à contributions. Et d’autres démantèlements se profilent avec l’annonce de futurs transferts de charges entre Assurance Maladie et assurances complémentaires, donc vers les usagers.

Quand un quart des jeunes renoncent à des soins faute d’argent, quand demain ceux qui consultent peu ne seront plus du tout remboursés, quand on voit qu’aucune des mesures de franchises déjà appliqué n’a atteint ses objectifs, on voit bien le but de cette mesure pour le gouvernement: affaiblir la Sécurité Sociale. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Ce que Sarkozy appelle « franchise » porte en réalité un autre nom : l’hypocrisie.

Le MJS signe donc l’appel et participera activement à la mobilisation contre ces régressions tout en faisant connaître ses propositions pour notre système de santé. Dans cette perspective, la réussite de l’initiative unitaire du 29 septembre est déterminante.

Texte de l’appel :

Professionnels du soin, syndicats, partis politiques, acteurs du monde associatif ou médico-social, mutualistes, représentants des usagers et /ou usagers du système de santé, nous nous mobilisons contre les franchises, pour l’accès aux soins de qualité et à la santé pour tous.

Nous refusons les franchises sur les soins, que veut mettre en place le nouveau gouvernement :

Appliquer une franchise, c’est ne rien rembourser au patient en dessous d’un seuil annuel de dépenses proposé par le gouvernement et voté par le Parlement.

Appliquer une franchise, même si elle épargnait les patients bénéficiaires de la CMU, c’est pénaliser les patients aux revenus les moins élevés, c’est aggraver les difficultés d’accès aux soins de ceux qui ne peuvent actuellement se payer une complémentaire, de ceux qui ne le pourront plus car le coût des complémentaires augmentera.

Appliquer une franchise, c’est rendre impossible, en médecine générale, la pratique du tiers payant, alors que celui-ci est nécessaire pour l’accès aux soins des patients aux revenus les plus modestes.

Appliquer une franchise, c’est dissuader les patients de se faire soigner pour des maladies apparemment peu sévères mais qui, faute de soins, risquent de s’aggraver ; c’est les inciter à reporter à plus tard les actes de prévention ; c’est l’inverse d’une politique cohérente de santé publique.

Appliquer une franchise, c’est économiquement inefficace : les forfaits, mis en place ces dernières années, n’ont pas empêché l’accroissement des dépenses de soins car celles-ci sont concentrées sur un petit nombre de personnes à pathologies graves.

La franchise est sensée « responsabiliser » les patients, les membres du gouvernement le répètent constamment. C’est dire que pour eux, les Français sont irresponsables… Or, pour être responsable, il faudrait pouvoir s’orienter en connaissance de cause, bénéficier d’un système d’information claire sur l’organisation réelle du système de santé, sur les tarifs pratiqués, sur les pathologies et l’éducation à la santé. C’est loin d’être le cas en France.

La responsabilisation est donc un prétexte,les malades n’étant pas responsables de leurs maladies. La franchise est avant tout un système de pénalisation financière et de culpabilisation, notamment du malade pris en charge à 100%, du cancéreux, du dialysé, du diabétique, de l’accidenté du travail. Ce projet s’inscrit dans une « culture » des uns contre les autres, génératrice de haines sociales.

La question de la dépense de soins découle de décisions politiques sur l’organisation du système de soins, du mode de rémunération des professionnels, du type de formation qu’ils reçoivent (indépendante ou non notamment), de la mise en place d’actions de prévention et d’éducation à la santé, d’actions sur les conditions de vie des gens, sur la santé au travail et environnementale, sur le bien manger…

L’instauration de franchises, la généralisation des dépassements d’honoraires par la création d’un secteur optionnel, aboutirait à l’abandon progressif d’un système d’Assurance maladie solidaire, dans lequel chacun cotise selon son revenu et est soigné selon son état de santé ; ce serait la mise en place d’un système assurantiel privé favorable à la croissance des inégalités sociales de santé.
S’opposer aux franchises est le premier pas pour construire un système de santé plus juste.

Réussir la mobilisation du 29 septembre, c’est permettre ensuite, s’il n’y a pas abandon par le gouvernement de cette proposition injuste, d’engager, dans la deuxième quinzaine d’octobre, des manifestations décentralisés dans toute la France.

Act up, Aides, AMI (Association de défense des malades invalides et handicapés), Comité des familles pour survivre au sida, Keratos, AC le feu, Alter Ekolo, Alternative libertaire, Appel contre la Franchise, Association Nationale des Médecins Référents (AMedRef), Association des Médecins Urgentistes de France (Amuf), ATTAC France, CADAC, Collectif féministe Ruptures, Collectif « La Santé n’est pas une marchandise », UD CGT Paris, CGT de l’administration centrale des Affaires sociales, CNDF, Collectif des Médecins Généralistes pour l’Accès aux Soins (CoMéGas), Confédération paysanne, Convergence citoyenne, Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des Services publics, Coordination des Collectifs unitaires anti-libéraux, Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité, Coordination Femmes Egalité, Fondation Copernic, FSU, Homosexualités et socialisme, Ligue Communiste Révolutionnaire, Les Alternatifs, Les Verts, LMDE, Lutte ouvrière, Mars-Gauche républicaine, Médecins du monde, MJCF, MJS, Mouvement français pour le planning familial, MNCP, MRC, ONSIL, Parti Communiste Français, Parti Socialiste, PCOF, PRCF, PRS, Résistance sociale, Syndicat de la Médecine Générale (SMG), Syndicat des médecins inspecteurs de santé publique (SMISP), SNCDS, Syndicat national des professionnels de santé au travail(SNPST), SNES, SNICS-FSU, Sud Education, SNUIPP-FSU, Syndicat national des médecins de PMI(SNMPMI), UEC, Union des Familles laïques (UFAL), Union Nationale Alternative Mutualiste (UNAM), Union Fédérale Sud Protection Sociale, Union fédérale Sud Santé Sociaux, UNEF, Union Nationale des Groupements Mutualistes Solidaires (UNGMS), Union Nationale des Retraités et des personnes âgées (UNRPA), Union Syndicale de la Psychiatrie (USP), Union Syndicale Solidaires.

Préparez le changement: restez informés!

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