Démantèlement de la fonction publique : ce sont les citoyens qui sont attaqués.

Contrats de droit privé, suppression des instances paritaires et réduction des effectifs, Nicolas Sarkozy s’attaque à la fonction publique sous couvert de « modernisation ».

Toujours dans une stratégie de pure communication, il se fait le chantre de l’efficacité et de la rupture en dénonçant des politiques qui n’auraient pas donné à l’Etat les moyens d’assurer ses missions. A croire que M. Sarkozy était l’homme invisible des derniers gouvernements, car jusqu’à présent il s’était soigneusement abstenu de s’exprimer sur la question.

« Des fonctionnaires moins nombreux mais mieux payés », voilà la proposition de N.Sarkozy. Moins nombreux, c’est sûr, puisque les suppressions de postes sont programmées et seront très vite effectives. Mieux payés, pour cela par contre aucune garantie, si ce n’est les primes « au mérite », attribuées discrétionnairement et dont les critères n’ont volontairement pas été précisés par le Chef de l’Etat !

La rémunération au mérite va, par ailleurs, à l’encontre de tous les principes fondamentaux de la fonction publique et ne peut que dégrader les relations entre les employés et la qualité du service rendu aux usagers. Car, si la base de ces primes repose sur la rapidité de traitement et non sur la qualité du service rendu, ce sont les usagers qui vont sentir la différence… Concernant l’efficacité des services publics, rappelons à M.Sarkozy que ce sont bien les parlementaires et non les membres du gouvernement qui ont fait voter la Loi Organique relative aux Lois de Finances (LOLF) pour permettre plus de transparence et une meilleure utilisation des deniers publics.

Nicolas Sarkozy dit ne pas vouloir de discussion purement comptable alors qu’il n’aborde ni les nouvelles missions du service public, ni l’égalité d’accès largement remise en cause. Il dit ne pas vouloir stigmatiser les fonctionnaires, pourtant il conserve une démarche purement idéologique, dans la continuité de son discours de mardi, qui vise à l’individualisation des rapports entre le salarié et l’employeur.

Proposer aux nouveaux entrants de choisir entre contrat de droit privé et statut de fonctionnaire, sans évolution, comme on l’a fait pour France Télécom, c’est la fin du statut spécifique qui garantissait l’indépendance et la neutralité des fonctionnaires et le début d’inégalités entre différents statuts, CDI, CDD, au sein même de la fonction publique.

A travers le démantèlement du statut de la fonction publique ce sont donc les usagers et les citoyens qui sont directement attaqués.

Préparez le changement: restez informés!

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