Un vote pour défendre notre droit à l’avenir – Razzye Hammadi au meeting de Lille

Discours de Razzye Hammadi, président du MJS lors du meeting du jeudi 7 juin 2007 au Zénith de Lille-Grand Palais

Chers amis, chers camarades, quelle fierté et quel plaisir pour un camarade du Mouvement des jeunes socialistes de venir battre campagne ici, à Lille, cette ville de Pierre Mauroy et de Martine Aubry, Pierre Mauroy premier ministre du premier gouvernement de l’union de la gauche, Martine Aubry, qui a porté cette réforme de civilisation.

Aux côtés de Ségolène, de Laurent, accueillis par votre belle et grande fédération, animée par Gilles Pargneaux, et bien entendu, je salue mes camarades du Mouvement des jeunes socialistes, toujours présents, et qui n’ont rien oublié de cette maxime qui était la leur à l’époque où, secrétaire général des jeunes socialistes : toujours prêts pour servir !

Voilà tout juste un mois que Nicolas Sarkozy est président de la République. Ce mois suffit à nous faire dire que finalement, ce qu’ils appelaient la France d’après, ce n’est que la France des cinq années précédentes, mais en pire. Ils vous disent : tout est joué, ne vous déplacez pas !

Mais le 6 mai et l’élection de Nicolas Sarkozy n’ont pas tout effacé. L’anesthésie n’a pas fonctionné. Le 6 mai, un certain nombre de mots n’ont pas disparu, le 6 mai ne s’est pas effacée cette France des 6 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté, le 6 mai n’a pas effacé cela, ni les 3 millions de mal logés. Il n’a pas effacé non plus le fait qu’un détenu sur deux a moins de 30 ans, ni le fait que nombre d’étudiants sont obligés de travailler pour financer leurs études. Non, le 6 mai ne nous a pas fait entrer dans une France virtuelle.

Cette France où, dans nos cités étudiantes, ici, ailleurs, la prostitution témoigne de leur misère.

Le 6 mai n’a pas effacé cela non plus.
Cette France où on tire sur les inspecteurs du travail et où on poignarde les juges. Elle n’a pas disparu. Avant de stigmatiser la gauche, d’insulter le patrimoine commun de cette identité nationale à laquelle nous avons contribué, ils devraient regarder du côté de leurs gestes, du côté de leur bilan.

Cette France n’a pas disparu. On nous dit que Nicolas Sarkozy serait frappé par l’état de grâce. Je vois que chaque jour témoigne de la manière dont les cinq ans à venir, il va tenter, grâce à l’État, de frapper l’ensemble des Français et des plus nécessiteux.

Le 6 mai n’a pas effacé notre capacité d’indignation, et encore moins notre capacité à proposer pour changer la vie dès demain.

On nous dit : les Français ont choisi, ils ont voté le 6 mai. Si on suivait leur raisonnement, jusqu’en 2012, il ne faudrait plus d’élections. Pour la droite, la démocratie, c’est une élection présidentielle tous les cinq ans. Ce n’est pas notre conception des choses : dès dimanche il y a des élections législatives.

Pour nous, la démocratie doit servir à rendre le pouvoir au peuple, et non pas à se l’accaparer le temps d’un mandat.
On nous dit : les Français ont choisi, donc il n’y a plus à débattre. Mais on se rend compte que les Français ne sont pas tout à fait d’accord sur la mise en place des franchises.

Ce n’est plus de la franchise, c’est de l’hypocrisie d’Etat.

On dit : les Français ont choisi. Et c’est en cela que nous mènerons une bataille culturelle, une bataille des mots, par l’éducation politique.

Par exemple, le crédit d’impôts sur les intérêts d’emprunt : 5 milliards d’euros. C’est cinq fois le budget actuel des universités. C’est l’équivalent de 42 000 logements sociaux. Et nous savons à qui bénéficieront ces intérêts d’emprunts, en grande partie : à 10 % des ménages qui détiennent 50 % du patrimoine.

La mystification a été de faire croire à chaque Français que c’est par le mirage individualiste que chacun pourrait vivre mieux, là où seules les solutions collectives pourraient répondre aux différents maux.

Par exemple : vous n’avez pas d’emploi, levez-vous tôt. Votre enfant ne réussit pas à l’école : changez-le d’école.
J’entends déjà François Fillon dire à ceux qui disent : nous avons faim, nous voulons du pain, leur répondre : mangez de la brioche !

La droite tente d’imposer un débat sur les valeurs. Nous ne le craignons pas. Je veux parler de mérite et de culture du résultat, car nous avons un Premier ministre qui s’appelle François Fillon. Il a été ministre du travail. En deux ans, il a fait progresser le nombre de chômeurs de 200 000 et le nombre de Rmistes de 300 000.

Ils ont été ceux qui ont créé le plus d’assistés qu’aucun gouvernement n’en avait créé auparavant.

Leur culture du résultat, c’est que quand vous vous appelez François Fillon, et que vous avez augmenté le nombre de chômeurs, la récompense que vous avez, c’est de vous faire nommer Premier ministre.

Comment dire qu’on aime le travail quand on n’aime pas les ouvriers ? Travailler plus pour gagner plus : quelle belle blague !

Je voudrais qu’ils le disent aux ouvriers de Kronembourg car ils travaillent 48 heures par semaine.

Qu’ils le disent à ces ouvriers de Danone, et ceux qui courent d’intérim en intérim…

Voilà que l’on stigmatise le socialisme.

La droite n’est pas sans complexes, elle est sans scrupules. Son plus grand adversaire, c’est l’abstention.

Il faut un maximum de députés socialistes à l’Assemblée face à une droite totale.

Elle est médiatique, même culturelle.

Médiatique, par exemple : le yacht. C’est la photo pour Gala. Cécilia qui découvre l’Elysée, c’est pour Voici. Nicolas Sarkozy qui court, c’est pour l’Equipe, et la fameuse blague : travailler plus pour gagner plus, c’est pour le journal de Mickey.

On finirait par s’habituer !

J’ai lu : après 25 ans de relations tumultueuses, le groupe se reforme. C’était simplement les Forbans.

Certains nous disent : il va falloir renouveler, réformer.
La campagne législative que nous menons, dignes, debout, fiers des résultats que nous avons obtenus le 6 mai,…

Alors dimanche, il nous faudra une majorité d’espoir, de respect, pour ne pas que l’Assemblée nationale devienne le paillasson sur lequel s’essuie l’exécutif, qui ne sont que des marionnettes.

Puis il faut le dire : un Sarko, ça va, mais plus de 286, bonjour les dégâts !

Les Français doivent voter comme leurs enfants et leurs petits enfants, car les voix pour Ségolène Royal étaient majoritaires dans la jeunesse.

Dimanche, on vote pour le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, et on vote pour défendre notre droit à l’avenir.
Merci.

Extrait vidéo :


Meeting de Lille : Razzye Hammadi
envoyé par PartiSocialiste

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