Affaire Van Ruymbeke : pour la survie de la démocratie, une Justice Indépendante

L’affaire Van Ruymbeke est caractéristique des maux de notre démocratie. Au cours de l’affaire Clearstream, le juge Renaud Van Ruymbeke a dû démontrer que les listings qui lui avaient été fournis par Jean-Louis Gergorin étaient faux, alors même que le pouvoir en place en avait connaissance et aurait pu lui en faire part. Et pour
avoir vu Gergorin dans un cadre qui n’était pas celui d’une audition, un des juges les plus intègres risque aujourd’hui du blâme jusqu’à la radiation.

Face à cet acte, Pascal Clément, Garde des Sceaux, a saisi à la fois le premier président de la cour d’appel de Paris (un magistrat indépendant), et l’Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) dépendant du ministère de la Justice. Pourtant, dans le rapport de l’IGSJ, rien ne pointe du doigt le juge Van Ruymbeke. Les seules allusions faites au sujet du juge sont les suivantes: les «manquements reprochés [sont à] replacer dans le contexte exceptionnel des deux affaires concernées» (frégates de Taïwan et Clearstream) et le juge Van Ruymbeke a «agi dans le souci exclusif de la recherche de la vérité».

Où va notre démocratie quand le ministre de la Justice se permet de commenter cette affaire voire d’émettre des propositions de sanctions qui devront être prises par le Conseil supérieur de la magistrature ?

Où va notre démocratie quand l’indépendance de la justice est mise à mal par deux ministres de la République, l’Intérieur et la Justice ?

La séparation des pouvoirs n’existe plus lorsque la Droite gouverne.

En cette période de campagne électorale, le Mouvement des Jeunes Socialistes condamne avec la plus grande fermeté le fait qu’un homme puisse ainsi faire les frais de la machine électorale infernale lancée par le candidat-ministre-président de l’UMP Nicolas Sarkozy.

Pour éliminer les gêneurs de sa route, Nicolas Sarkozy nous prouve une fois encore qu’il ne recule devant rien, et que rien ne l’arrête, ni les faits (qui plaident pour Van Ruymbeke), ni le respect des principes démocratiques qu’il foule au pied.

Par respect pour l’élection présidentielle qui engagera notre pays pour 5 ans, par respect pour tous les citoyens qui iront aux urnes dans deux mois et demi, par respect pour tous ces hommes et ces femmes qui espèrent encore que la politique pourra changer leur vie, nous demandons à Nicolas Sarkozy de faire cesser cette machination.

Cette campagne électorale n’est pas démocratique, et le ministre de l’Intérieur en est le seul responsable.

Préparez le changement: restez informés!

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