Accords de Partenariats Union Européenne – ACP : L’Europe doit rectifier le tir immédiatement !

Le Forum Progressiste Mondial des Jeunes (Global Progressive Youth Forum, GPYF) qui rassemble la IUSY (Internationale des Jeunes Socialistes), ECOSY (Jeunes Socialistes Européens) et IFM-SEI (Mouvement international des Falkens) organise aujourd’hui avec l’ONG ActionAid International à Bruxelles une journée de mobilisation sur la thématique des accords de partenariats européens. Le MJS a fortement contribué à l’organisation de cet événement par le biais de Rémi Bazillier, coordinateur du Global Progressive Youth Forum pour la IUSY, et le groupe de Bruxelles de la Fédération des Jeunes Socialistes de l’étranger du MJS.

En 2000, l’Union Européenne et les pays de la zone Afrique-Caraïbe-Pacifique (ACP) signent les accords de Cotonou qui prévoient la mise en place de nouvelles règles commerciales et de coopération se substituant aux conventions de Lomé. La négociation de nouveaux partenariats économiques européens commencent et ont pour objectif de se mettre en conformité avec les règles de l’OMC. Les négociations doivent s’achever en 2007 et sont sources de préoccupations pour de nombreux pays africains qui craignent les conséquences désastreuses des libéralisations commerciales en terme de développement.

La journée s’organise en plusieurs temps. Des conférences plénières le matin, notamment avec Harlem Désir, Kader Arif (députés européens) et Philip Cordery (secrétaire général du PSE), des moments de rencontre avec des députés européens, notamment de la commission commerce et de la commission développement pour les appeler à s’emparer de la question. Une déclaration sera adoptée à l’issue de la journée et présentée à la conférence du groupe du PSE organisée demain.

Accords de Partenariat Européen UE-ACP :
l’Union Européenne doit rectifier le tir immédiatement !
Résolution adoptée à l’unanimité du Conseil National du MJS (14 octobre 2006)

En 2000, l’Union Européenne et les pays de la zone Afrique-Caraïbe-Pacifique (ACP) signent les accords de Cotonou qui prévoient la mise en place de nouvelles règles commerciales et de coopération se substituant aux conventions de Lomé. La négociation de nouveaux partenariats économiques européens commencent et ont pour objectif de se mettre en conformité avec les règles de l’OMC. Les négociations doivent s’achever en 2007.

Les accords de partenariats européens doivent mettrent fin à la règle de non-réciprocité. Les pays africains seront donc amenés à libéraliser leurs marchés et ouvrir leurs économies. La fin de la non-réciprocité constituent une absurdité économique qui aura des conséquences dramatiques sur le développement des pays Africains.

Les règles de l’OMC pouvaient permettre le maintien de la règle de non-réciprocité à condition que la règle s’applique à tous les pays les moins avancés ou à tous les pays en développement. Plutôt que de choisir cette voie, l’Union Européenne a préféré maintenir le principe « d’accords préférenciés » pour certains pays en développement en revenant sur la règle de non-réciprocité. Si la préférence se manifeste par la nécessité pour ces pays d’ouvrir leurs marchés au risque de mettre en danger les différentes productions locales, cette préférence s’assimile plus à un marché de dupes. L’écart de développement est à la fois trop grand entre l’UE et les pays ACP, mais aussi entre les pays ACP eux-mêmes. L’ouverture commerciale n’est pas la solution pour un grand nombre de pays pauvres.

L’Union Européenne impose par ailleurs une accélération des négociations surréaliste au regard de la situation de nombreux pays africains. La phase d’évaluation doit se clore au 31 décembre 2006 et l’ensemble des négociations doivent être bouclées au 31 décembre 2007. Alors que certains pays en développement n’ont toujours pas de statistiques sur leur commerce extérieur, on leur impose de négocier un accords qui aura des répercussions majeures sur tout le cycle de production et de commercialisation. Nous demandons un allongement de la durée de négociations devant permettre de mesurer les impacts réels de la libéralisation sur les économies de ces pays. Cet allongement de la durée de négociations devra permettre de revenir sur les principes de base de la négociation, notamment sur la règle de réciprocité.

Dans le même temps, l’Union Européenne doit relancer le débat à l’OMC pour permettre l’application d’un traitement spécial et différencié pour un groupe de pays. La réciprocité joue contre le développement. L’article XXIV de l’OMC doit être modifié.

Si l’objectif réel des accords de Cotonou est réellement la réduction de la pauvreté, alors l’attitude opportuniste de l’Union Européenne doit profondément changer. Ces accords ne peuvent être utilisés pour obtenir un meilleur accès des produits européens dans ces pays. La logique doit être inverse : l’aide européenne doit être augmentée, l’assistance technique améliorée. Tout doit être mis en oeuvre pour aider le développement des structures de productions locales, passant notamment par la protection de l’agriculture des pays africains.

Le MJS travaillera à sensibiliser nos élus européens sur cette question. Il y a urgence et l’indifférence joue contre nos objectifs de solidarités. Dans ce cadre, le MJS apporte tout son soutien au forum Euro-Africain organisé par le Global Progressive Youth Forum et ActionAid qui se tiendra le 18 octobre à Bruxelles visant à ouvrir le dialogue avec les députés européens socialistes sur cette question.

Préparez le changement: restez informés!

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