1 jour 1 mesure : Négocier sans syndicat dans les petites entreprises, c’est David contre Goliath

 

Aujourd’hui, un.e salarié.e d’une entreprise de moins de 50 salarié.e.s est moins bien défendu.e, parce que les syndicats y sont beaucoup moins présents. Bien souvent, il n’y a même pas de représentant.e du personnel pour dialoguer avec l’employeur.euse.

Jusqu’à maintenant, ces salarié.e.s des petites et moyennes entreprises bénéficiaient donc de conventions collectives de branche, obligatoirement négociées par des syndicats. Cela leur assurait les mêmes droits que les salarié.e.s de grandes entreprises et leur permettait de s’organiser collectivement face à leurs employeur.euse.s

Demain, les ordonnances permettront aux dirigeants de PME dépourvues de délégué.e.s syndicaux de négocier avec un.e délégué.e du personnel non mandaté.e par un syndicat. Les salarié.e.s seront donc directement en prise avec leur employeur.euse, sans intermédiaire pour les accompagner dans la négociation.

Cette mesure permet au patronat de court-circuiter les syndicats. Plutôt que de favoriser l’implantation des syndicats dans les petites entreprises, les patron.ne.s vont pouvoir choisir leurs interlocuteurs.

Or le syndicat permet de former, d’entourer, d’aider, de défendre les représentant.e.s du personnel. Un.e salarié.e isolé.e n’a pas accès aux avocat.e.s ou aux expert.e.s d’un syndicat. C’est autant de moyens en moins pour défendre les droits de ses collègues.

Enfin, cette mesure pose la question de l’indépendance d’un.e salarié.e vis-à- vis de son employeur.euse. Dans une entreprise, a fortiori dans une petite entreprise, l’employeur.euse a un lien de hiérarchie directe avec ses salarié.e.s ! Si l’employeur.euse peut choisir lui-même son interlocuteur, ce sera très facile de le menacer ou de faire du chantage à l’emploi.

Permettre les négociations sans syndicats dans les entreprises de moins de 50 salarié.e.s, c’est donner carte blanche à l’employeur.euse pour baisser les droits de ses salarié.e.s et les diviser.



Plutôt que de dévoyer le “dialogue social” en court-circuitant les syndicats, les Jeunes Socialistes proposent au contraire de renforcer la démocratie dans l’entreprise.

L’organisation d’une grande campagne de syndicalisation, en particulier à destination des salarié.e.s des PME et des jeunes apparaît ainsi comme un impératif de premier plan. De même que le respect du droit syndical dans l’entreprise et à la lutte contre les discriminations subies par les élu.e.s, à  l’heure où la criminalisation de l’action syndicale s’aggrave. Des mesures sont également à prendre pour faciliter l’accès des femmes à un mandat.

Les salarié.e.s doivent avoir leur mot à dire sur les décisions de l’entreprise, dans les petites entreprises comme dans les multinationales. Il en va de même concernant les rémunérations, les licenciements, les pactes d’actionnaires, les grandes décisions stratégiques… Plutôt que de les fusionner [Lien], les jeunes Socialistes appellent ainsi à  renforcer les compétences et les moyens des instances représentatives du personnel (IRP) et à renforcer la présence des salarié.e.s aux sein des conseils d’administration des grandes entreprises.